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Communiqué 02.02.2026 | Pour diffusion immédiate
Alors que la France avait fait de 2025 l’Année de la mer, accueilli la Conférence des Nations Unies pour l’Océan (UNOC) à Nice, affichant sa volonté de s’imposer comme un leader international de la préservation de l'Océan, le projet de budget pour 2026 ne va pas dans le même sens. Des amendements essentiels pour atteindre nos objectifs comme la fin des plastiques à usage unique d’ici 2040 ou l’adaptation des territoires littoraux font partie des grands oubliés de ce budget pour 2026.
Taxe plastique : l’Etat renonce à sa mise en place
La « taxe plastique », pourtant proposée par le Gouvernement dans son premier projet de loi de finances à l’automne dernier, est absente de ce nouveau budget. Pour mémoire, l’objectif de cette taxe est, au nom du principe pollueur-payeur, de faire porter aux éco-organismes une partie des coûts de la contribution due par la France à l’Union européenne au titre des déchets d’emballages plastiques non recyclés — près d’1,4 milliard d’euros en 2025 selon Bercy. Compte tenu de son faible taux de recyclage, la France en est le premier contributeur européen, loin devant ses voisins.
Bien que jugée trop faible par les ONG dont Surfrider, elle avait été rejetée par l’Assemblée nationale puis par le Sénat fin 2025. Résultat : la contribution due annuellement à l’Union européenne en raison de nos faibles capacités de recyclage (28% des emballages plastiques mis sur le marché en France avaient été effectivement recyclés en 2023) continuera d’être supportée par les consommateurs, et non par les éco-organismes responsables de ces mauvaises notes.
“Cette suppression est le fruit d’un intense lobbying de l’industrie plastique, dont certains parlementaires s’étaient fait les porte-paroles en séance, à coup de désinformation, au détriment de l’intérêt général, de la santé humaine et de la préservation de l'environnement” déplore Lisa Pastor, chargée de plaidoyer France pour Surfrider Foundation Europe.
La mer monte mais pas l’enveloppe dédiée à l’adaptation
L’action climatique et la préservation de la biodiversité figurent parmi les grands oubliés de ce budget. Malgré leur adoption lors du précédent passage du projet de loi à l’Assemblée et au Sénat, les amendements déposés par la députée Sophie Panonacle visant à créer un fonds dédié à l’érosion côtière n’ont pas été repris dans la copie du Gouvernement. Pour rappel, ce fonds visait à répondre aux appels des territoires côtiers, en première ligne face aux changements climatiques.
“Si on constate des avancées en matière de politiques pour l’adaptation en France ces dernières année, celles-ci ne peuvent être efficaces sans financement fléché. L’adaptation doit être une priorité dès à présent” ajoute Lisa Pastor.
La préservation des zones humides n’apparait pas non plus comme une priorité dans ce Budget en ce 2 février, journée internationale pour les zones humides. Une disposition visant à exonérer partiellement de taxe foncière les propriétaires s’engageant à préserver des zones humides est retirée du texte. Surfider dénonce ce recul qui nie le rôle crucial joué par les zones humides dans l’atténuation et l’adaptation au changement climatique, tout en abritant une biodiversité essentielle.
Pour aller plus loin sur le sujet de l’adaption du littoral au changement climatique : Voir les 10 recommandations de Surfrider Foundation à destination des candidats aux élections municipale, pour un littoral durable.
Des financements bien trop faibles pour faire face à la triple crise
Le Fonds Vert échappe à un coup de massue et voit son montant augmenter de 200 millions d’euros. Pour autant, cette enveloppe reste bien inférieure aux 2,5 milliards d’euros alloués lors de sa création en 2023 et demeure insuffisante face aux besoins des collectivités locales engagées dans la transition écologique.
Nous restons à la disposition des journalistes pour toute demande d’information ou d’interview.
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