COMMUNIQUÉ
Paris, le 03/03/2026
CRISE DU DÉTROIT D’ORMUZ : « 40 MILLIONS D’AUTOMOBILISTES » DEMANDE LA MISE EN PLACE D’UNE TVA D’URGENCE À 5,5 %.
Le verrou du détroit d’Ormuz vient de se gripper, et avec lui, c’est tout le moteur de l’économie mondiale qui devrait être touché. Alors que 20 % du brut mondial transite par ce goulot d’étranglement, sa fermeture partielle devrait propulser le baril de Brent vers des sommets inquiétants, affichant déjà une hausse brutale de 13 %. Si les prix en stations devraient logiquement suivre cette tendance, la pompe fiscale, quant à elle, fonctionne à plein régime.
L'association « 40 millions d'automobilistes » tire la sonnette d'alarme : si les réserves stratégiques françaises permettent d'écarter le spectre de la pénurie pour les trois prochains mois, rien ne semble freiner l'hémorragie financière qui guette le portefeuille des Français. Avec un baril qui lorgne déjà vers les 200 dollars dans les scénarios les plus sombres, l'essence à plus de 2 € le litre n'est plus une hypothèse de travail, mais une menace imminente.
L’urgence d’une TVA à 5,5 %
Face à cette instabilité chronique, il est indécent que l’État continue de percevoir une taxe sur la valeur ajoutée au taux plein sur une énergie essentielle à l'économie nationale et aux déplacements des Français. L'association exige l'alignement immédiat de la TVA sur les carburants à 5,5 %, au même titre que les produits de première nécessité.
« Il est temps de mettre fin à cette schizophrénie administrative, » martèle Pierre Chasseray, délégué général de l’association. « Rappelons-nous qu'au plus fort de la crise du COVID, alors que le pays était sous cloche, les stations-service étaient restées ouvertes. Pourquoi ? Parce qu’elles étaient officiellement reconnues comme un commerce de première nécessité. On ne peut pas considérer l'essence comme un besoin vital lors d'une pandémie et comme un produit de luxe dès que le cours du brut s'affole ».
Un amortisseur fiscal indispensable
L'effet mécanique de la fiscalité actuelle ne fait qu'accentuer la douleur des usagers.
Pour Philippe Nozière, président de l’association, la structure même du prix à la pompe est aujourd'hui le principal ennemi du pouvoir d'achat : « Maintenir une TVA à 20 % sur un prix de base qui explose revient à transformer l'État en spéculateur passif. En abaissant ce taux à 5,5 %, nous créons un véritable amortisseur social. Cela permettrait de neutraliser une part importante de la hausse du baril et d'éviter que la barre symbolique et psychologique des 2 euros ne devienne la norme durable pour des millions de travailleurs dépendants de leur véhicule. »
L'OPEP+ tente peut-être de stabiliser la production, mais il appartient au gouvernement français de stabiliser la vie de ses concitoyens. L'association « 40 millions d'automobilistes » restera vigilant jour après jour sur l'évolution des cours et ne tolérera aucune inertie politique face à cette crise dont le risque d'embrasement pourrait aboutir à des records de prix des carburants.
« À situation d'urgence, mesure d'urgence ».