Communiqué de presse
Mars 2026
MINES ANTIPERSONNEL
Handicap International lance sa campagne « The Nobel Piece. Réparer la paix, ensemble. »
Lyon, le 10 mars 2026. Le 4 avril 2026, Journée internationale de lutte contre les mines, Handicap International lance une campagne mondiale d’interpellation : « The Nobel Piece. Réparer la paix, ensemble ». 28 ans après l’obtention du prix Nobel de la paix récompensant la lutte acharnée de la société civile pour bannir les mines antipersonnel, ces armes sont en recrudescence : utilisation massive dans les conflits armés récents, désengagement d’États du Traité d’Ottawa, nouvelles productions de mines… Face à l’urgence, HI interpellera les États en leur remettant des fragments du prix Nobel – symbole de paix qui vole aujourd’hui en éclats – afin de les remettre face à leurs responsabilités pour respecter le Traité et enrayer le retour d’une arme sournoise qui tue, dans 90 % des cas, des civils.
Notes aux rédactions :
. Une conférence de presse se tiendra à Paris le 31 mars 2026 à l’espace Eiffel, 36 Avenue Marceau, 75008 Paris. La conférence se tiendra entre 9h30 et 10h30 (accueil dès 9h).
. la directrice du plaidoyer de HI, des experts militaires, une responsable du programme syrien, et une survivante de mine antipersonnel prendront la parole.
. L’opération « The Nobel Piece » est sous embargo jusqu’au 3 avril 2026, 8h00 heure française.
L’opération « The Nobel Piece. Réparer la paix ensemble. »
Le 4 avril 2026, Journée internationale pour la sensibilisation au problème des mines et l'assistance à la lutte antimine, Handicap International, en partenariat avec l’ICBL (Campagne internationale pour l’interdiction des mines antipersonnel) lance une opération mondiale d’interpellation des Etats et de l’opinion publique intitulée « The Nobel Piece : réparer la paix, ensemble ».
Cette opération est une réponse à l’inquiétant retour des mines antipersonnel dans les conflits armés récents, au retrait inédit de cinq États européens frontaliers de la Russie du Traité d’Ottawa en 2026, et à l’augmentation du nombre de victimes civiles de mines observée ces dernières années.
La campagne reprend le symbole du Prix Nobel de la paix, décerné en 1997 à ICBL, dont HI est membre fondatrice, pour récompenser plusieurs années de lutte acharnée pour faire interdire les mines antipersonnel.
Remettre la question des mines à l'agenda politique
Le silence de la communauté internationale et des États parties fait courir le risque d’un retour en arrière extrêmement préoccupant pour la protection des civils et le respect du Droit international humanitaire. Il ouvre la voie à une renormalisation de ces armes qui tuent, dans 90 % des cas des civils, et sont contraires au Droit international humanitaire, car incapables de faire la distinction entre un civil et un militaire.
Le principal objectif de la campagne est d’interpeller les Etats à l’échelle nationale et internationale, pour les mettre face à leurs responsabilités.
Une trentaine d’États appelés à réagir
Une trentaine d’États seront interpelés dans le cadre de la campagne, avec des demandes spécifiques et concrètes :
1. Les cinq États qui se sont retirés du Traité
- S’engager publiquement à ne jamais utiliser, produire ou transférer de mines antipersonnel.
- Rejoindre la Convention sur l'interdiction des mines.
2. Les États alliés et les partenaires stratégiques
- Faire preuve d'un leadership renouvelé et visible.
- Utiliser les outils diplomatiques, politiques et multilatéraux pour empêcher de nouveaux retraits.
- Intervenir de manière proactive pour empêcher toute nouvelle utilisation, production ou transfert de mines antipersonnel.
3. Les parlementaires
- Exercer un contrôle pour garantir le respect strict de la Convention au niveau national.
- Mettre en évidence l'impact humanitaire des mines antipersonnel dans les débats, les résolutions et les interventions médiatiques.
- Impliquer les électeurs, y compris les communautés touchées et les jeunes, par le biais d'audiences, d'événements et de débats publics.
4. Les utilisateurs actuels de mines
- Cesser immédiatement d'utiliser des mines antipersonnel, assurer un déminage rapide et soutenir les survivants. Rejoindre sans plus tarder la Convention sur l'interdiction des mines.
Lancée en France et en Belgique, cette vaste opération de plaidoyer vise aussi à mobiliser l’opinion publique afin de mettre la question des mines et de la défense du Traité d'Ottawa à l'agenda politique.
L’histoire du Traité d’Ottawa
En 1997, le Prix Nobel de la Paix est attribué à la Campagne internationale pour interdire les mines antipersonnel (ICBL) dont Handicap International est membre co-fondateur. La même année, le Traité d’Ottawa marque une victoire historique pour le désarmement et la protection des plus vulnérables.
Depuis l'entrée en vigueur de ce dernier, en 1999, près de 50 pays produisaient des mines antipersonnel ; aujourd'hui, ils sont une dizaine. Au total, plus de 55 millions de mines antipersonnel stockées ont été détruites et les États parties ont déminé au moins 1 114,82 km² en 2024[1].
« Le Traité d’Ottawa a existé parce que des citoyens, des ONG, des survivants, des diplomates, ont refusé de baisser les bras. Aujourd’hui encore, leur mobilisation, notre mobilisation, est indispensable. » témoigne Anne Héry, directrice du plaidoyer chez HI.
Quand une norme internationale vole en éclats
28 ans après son entrée en application, le Traité d’Ottawa est fragilisé de manière inédite. Les cinq pays sortants, la Pologne, la Finlande, la Lituanie, l’Estonie et la Lettonie, ont tous évoqué un impératif sécuritaire pour justifier leur décision.
« Les pays ont des préoccupations légitimes en matière de sécurité, en particulier le long des frontières contestées ou dans les zones de conflit. Mais […] le recours aux mines antipersonnel n’est pas une solution militaire rationnelle. […] Il est essentiel que les armées modernes se tournent vers des alternatives conformes au Droit international humanitaire. »
Gary Toombs, expert de Handicap International en neutralisation des explosifs et munitions, ancien membre de l’armée britannique.
Le Traité d'Ottawa, comme les autres traités de désarmement, est contraignant en temps de paix et en temps de guerre. Dès sa ratification, il a force de loi et doit être appliqué. Si l'interdiction d'utilisation vaut principalement en temps de guerre, les obligations de destructions des stocks, de non-production et de non-transfert illustre les obligations en temps de paix également.
A propos de Handicap International
Handicap International est une association de solidarité internationale indépendante, qui intervient depuis plus de 40 ans dans les situations de pauvreté et d’exclusion, de conflits et de catastrophes. Œuvrant aux côtés des personnes handicapées et vulnérabilisées, elle agit et témoigne pour répondre à leurs besoins essentiels et améliorer leurs conditions de vie. Elle s’engage à promouvoir le respect de leur dignité et de leurs droits fondamentaux. Depuis sa création en 1982, Handicap International a mis en place des programmes de développement dans plus de 60 pays et intervient dans de nombreuses situations d’urgence. Le réseau de 8 associations nationales (Allemagne, Belgique, Canada, États-Unis, France, Luxembourg, Royaume-Uni et Suisse) œuvre de manière constante à la mobilisation des ressources, à la cogestion des projets et au rayonnement des principes et actions de l’organisation. Handicap International est l’une des six associations fondatrices de la Campagne internationale pour interdire les mines (ICBL), co-lauréate du prix Nobel de la paix en 1997 et lauréate du Prix Conrad N. Hilton 2011. Handicap International agit et témoigne partout où « vivre debout » ne va pas de soi.