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Communiqué 13.03.2026 | Pour diffusion immédiate

Des bénévoles de Surfrider “enterrent” la plage de l’Huveaune en 2010 après 2 ans d’analyses régulières de la qualité de l’eau du spot dénonçant une forte pollution plastique et bactériologique.
La plage de l’Huveaune à Marseille, couramment surnommée “Epluchures Beach”, vient d’être classée “insuffisante” par l’ARS Bouches-du-Rhône pour la cinquième année consécutive. Ce classement entraîne donc la fermeture du lieu de baignade pour la saison 2026. Spot urbain incontournable des pratiquant.es marseillais.es d’activités nautiques, Surfrider espère que cet évènement serve “d’électrochoc” à la commune pour prendre des dispositions concrètes pour améliorer la qualité de l’eau.
La plage de l’Huveaune : un havre de pollutions suivi par Surfrider
La qualité de l’eau de la plage de l’Huveaune à Marseille a été classée cette fin de semaine par l’Agence Régionale de Santé (ARS) comme “insuffisante”. C’est la 5ème année consécutive que la qualité des eaux de baignade de cette plage est classée selon cette terminologie déterminée par la Directive 2006/7/CE du Parlement européen et du Conseil du 15 février 2006 concernant la gestion et la surveillance de la qualité des eaux de baignade. Comme le prévoit cette directive, l’ARS a demandé à la ville de Marseille d’interdire la baignade durant un an sur la plage de l'Huveaune.
Pour rappel, Surfrider avait déjà suivi pendant 10 ans l’évolution de la qualité de l’eau de cette dernière, entre 2008 et 2018, en réalisant des prélèvements réguliers tout au long de l’année pour informer les usagers nautiques. Ces analyses ne sont obligatoires qu’en période estivale, aucune information de la part des pouvoirs publics n’est donc disponible hors saison. L’ONG rappelle pourtant que la baignade n’est plus seulement réservée aux mois estivaux et que les sports nautiques se pratiquent toute l’année et par tous les temps.
Les analyses réalisées par Surfrider démontraient une situation catastrophique pour la plage. En 2010, ell a organisé un “enterrement” de plage pour alerter sur la situation bactériologique mais aussi sur la la gestion des déchets sur le lieu de baignade, ce qui lui a d’ailleurs valu le surnom d’”Epluchures Beach”.
L’ONG rappelle l’importance pour les pouvoirs publics d’agir concrètement en faveur de la réhabilitation de leurs zones de baignade. Garantes de la sécurité de tous, baigneur.ses comme pratiquant.es d’activités nautiques, les autorités se doivent d’agir et de se mobiliser sur le sujet pour que ce lieu populaire et emblème sportif de la ville puisse de nouveau être ouvert.
Sabine Allou, chargée d’expertise Qualité de l’Eau et Santé chez Surfrider : “L’enjeu maintenant, c’est que cette fermeture serve d’électrochoc pour investir et agir concrètement pour améliorer la qualité de l’eau, car aujourd’hui si la baignade est interdite, les autres usagers du spot restent eux aussi exposés à ces pollutions.”
Un appel à interdire la baignade partout où c’est nécessaire
Chaque année, de nombreuses plages sont déclassées au regard de la Directive Européenne sur la qualité des eaux de baignade. Surfrider partage même le constat qu’au cours des 10 dernières années, le nombre de sites européens classés de “bonne qualité” n’a pas progressé.
Pour évaluer la qualité d’eau de baignade, seules 2 bactéries sont suivies aux moyens de prélèvements : les Entérocoques et les Escherichia coli, bactéries témoins d’une mauvaise qualité pouvant provoquer des infections gastriques, dermatologiques et oculaires notamment.
Concernant les déchets, pour laquelle la plage de l’Huveaune est particulièrement concernée, seule une surveillance visuelle des déchets est prise en compte dans la réglementation.
Pour protéger la santé des usagers, il est déterminant que la baignade soit interdite quand les conditions ne sont pas réunies pour se baigner en toute sécurité.
Si suivre la qualité bactériologique demeure déterminant, Surfrider Foundation rappelle que cela n’est plus suffisant : les déchets, les proliférations d’algues nuisibles et toxiques et les contaminants chimiques ne figurent toujours pas dans les paramètres officiels de suivi et de classification des zones de baignade alors même que ces différentes pollutions, en lien avec nos habitudes de consommation, ont tendance à se démultiplier.
Dans un contexte de changement climatique et de pollution croissante (eaux pluviales contaminées, débordements d’eaux usées, présence de substances chimiques persistantes comme les PFAS…), une évaluation plus large est indispensable pour garantir la sécurité réelle des usagers et la résilience des écosystèmes aquatiques.
A cet égard, Surfrider déplore que la révision de la Directive sur la qualité des eaux de baignades – non révisée depuis 2006 - soit sorti de l’agenda politique européen.
L’Agence Européenne publiera au printemps prochain son rapport annuel sur l’état de santé complet des plages en Europe, au regard des critères d’évaluation de la directive. Comme chaque année, l'ONG de protection de l'Océan et de ses usagers restera particulièrement attentive aux résultats.
Nous restons à la disposition des journalistes pour toute demande d’information ou d’interview.
Pour aller plus loin :
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