Retour  


 
[NOUVELLE ÉTUDE] QUAND LES LYCÉENS TRAVAILLENT EN PARALLÈLE DE LEUR SCOLARITÉ
Imprimer
 
   
Date : 24/03/2026 12:20
Thème(s) :  Enseignement - Education - Formation  ; 
 
 
 
 
Société communicante :
Cereq

10 PLACE DE LA JOLIETTE
13 001 Marseille
Tél. 04 91 13 28 28
[email protected]
www.cereq.fr

Descriptif d'activité :
Créé en 1971, le Centre d?études et de recherches sur les qualifications est un pôle d?expertise au service des professionnels, des décideurs, des partenaires sociaux et plus largement de tous les acteurs de la formation, du travail et de l?emploi. Sous la double tutelle du ministre chargé de l'éducation et du ministre chargé de l'emploi, le Céreq porte, depuis près de 45 années, un regard éclairé sur les questions liées au rôle de la formation initiale et continue dans les parcours professionnels, à l?insertion professionnelle des jeunes, à l?évolution des métiers, du travail, des compétences et des certifications.
 
Contact société communicante :
Clémence  Girard-Coussy
Responsable service Communication
Tél. : 04 91 13 28 64
[email protected]
 
Contact presse :
Pierre  Hallier
Chargée des relations presse et média
Tél. : 04 91 13 28 48
[email protected]
     
Communiqué :

Bonjour,

Nous vous contactons car le Céreq vient de publier les premiers résultats d’une enquête exploratoire et qualitative qui met en lumière le travail des lycéens en parallèle de leur scolarité. Cette étude est aujourd'hui accessible en ligne et vous trouverez ci‑après le communiqué de presse présentant les principaux résultats.

Nous vous invitons à diffuser cette étude au sein de vos services et auprès de vos collaborateurs et collaboratrices.

Pour recevoir automatiquement nos prochaines parutions, vous pouvez vous abonner en ligne ou suivre les parutions via la page Linkedin de l'établissement.  

Nous vous prions d’agréer l’expression de nos salutations distinguées.

 

Pierre HALLIER

Chargé des relations presse-médias

+33 (0)4 91 13 28 48

[email protected]

-----------------------------------------

Avis de Parution, Céreq Bref 483

Mardi 24 mars 2026

Quand les lycéens travaillent en parallèle de leur scolarité

Ce nouveau Céreq bref présente les premiers résultats du projet « Travail des lycéens et trajectoires scolaires », soutenu par l'Agence Nationale de la Recherche et conduit par des laboratoires d’Aix-Marseille Université et de Sciences Po Bordeaux, associés au Céreq. Ce travail lycéen, qui va du baby-sitting occasionnel à l’activité salarié à temps partiel, est quasi absent des radars de la communauté enseignante. Pourtant largement répandue notamment en lycée professionnel, il peut avoir des conséquences sur les parcours scolaires et ne doit pas être ignorée des communautés éducatives ni des décideurs politiques.

Éléments clés

  • Un phénomène loin d’être marginal : un quart des lycéens travaille sous différentes formes pendant l’année scolaire et cette proportion grimpe à un tiers en lycée pro.
  • Un angle mort pour l’école : Les établissements sous‑estiment l’ampleur du phénomène.
  • Des réalités sociales contrastées : Autonomie volontaire pour certains ; nécessité économique pour d’autres.
  • Des impacts variés : Le travail peut freiner la scolarité ou renforcer la motivation.

 

# Un phénomène souvent ignoré par la recherche…

  • Les premiers résultats de l’enquête menée au printemps 2025 auprès de 6 000 lycéens de trois académies montrent que près d'un quart d’entre eux déclare exercer des activités rémunérées — des activités variées, reflétant une grande hétérogénéité des situations, réalisées en soirée, le week-end ou pendant les petites vacances. En voie professionnelle, la proportion monte à près d'un lycéen sur trois.
  • Babysitting, restauration rapide, livraison, vente en ligne, travail familial dans l'agriculture, le bâtiment ou le tourisme, mais aussi activités non déclarées voire illégales : les formes d'emploi dépendent de multiples facteurs (marché de l’emploi local, réseau de socialisation, etc.).
  • Pour autant, ce constat n'est pas nouveau. Depuis trente ans, les rares travaux disponibles sur le sujet estimaient déjà à près d'un lycéen sur cinq la proportion de jeunes concernés. Mais la recherche française est restée quasi muette sur ce phénomène, qui ne fait l'objet d'aucune politique éducative dédiée.

 

# … et que les établissements scolaires peinent à voir

  • L'une des conclusions la plus frappante de cette première phase de recherche tient moins à l'ampleur du phénomène qu'à son invisibilité au sein même des établissements. Lorsque les chercheurs évoquent devant les personnels la proportion de lycéens concernés, la surprise est quasi générale. Le travail rémunéré des élèves n'est abordé que lorsqu'il se manifeste par des signes de désengagement scolaire : absentéisme, fatigue chronique, baisse des résultats.
  • Cette discrétion s'explique de part et d'autre. Les professionnels tendent à considérer ce sujet comme extérieur à la sphère scolaire. Les élèves, de leur côté, estiment que leur vie professionnelle « ne regarde pas » l'école. Le travail non déclaré, très répandu selon les personnes interrogées, accentue encore cette faible visibilité.
  • La plupart des enseignants interrogés sous-estiment la proportion d’élèves concernés et perçoivent le phénomène comme marginal. Les personnels de vie scolaire en ont généralement une connaissance plus fine que les enseignants.

# Et pourtant des enjeux sociaux et éducatifs considérables

 

  • La recherche met en lumière des logiques sociales contrastées. D'un côté, des familles plutôt aisées qui encouragent leurs enfants à travailler pour développer leur socialisation au monde du travail ; de l'autre, des familles plus modestes pour qui le travail du jeune lycéen est une contribution directe aux revenus du foyer.
  • Le lien entre travail et trajectoire scolaire se révèle complexe. Ce que la recherche souligne, c'est que les effets dépendent étroitement des conditions d'exercice de l’activité rémunérée, du degré possible d’aménagement ou non avec la scolarité et de son caractère contraint ou choisi.

 

Les auteurs appellent à une mise à l'agenda éducatif du phénomène. Reconnaître que près d'un quart des lycéens mènent de front études et emploi implique de repenser la conception exclusive du « métier d'élève », fondée sur la seule acquisition de savoirs scolaires. Cela invite aussi à reconsidérer le moment de l'entrée dans le monde du travail : pour de nombreux jeunes, ce premier contact structurant ne se fait pas à la sortie des études, mais bien pendant la scolarité lycéenne, voire dès le collège. Prendre en compte cette réalité pourrait constituer un levier puissant pour réduire les inégalités éducatives et renforcer la persévérance scolaire — à condition que l'institution scolaire accepte de sortir de cet impensé sociopolitique.

 

Le travail invisible des lycéen·nes. Ces élèves qui cumulent études et activités rémunérées

Thierry Berthet, Léa Guichard, Marie-Laure Harmand, Véronique Simon, Juliette Vollet

Céreq Bref n° 483, 2026, 4p.

   
   
Retour  
  Visualisation PDF
  Télécharger Acrobat Reader