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Communiqué 14.04.2026 | Pour diffusion immédiate
L’adoption des conclusions du projet de loi relatif à la simplification de la vie économique ce mardi 14 avril à l’Assemblée nationale marque un tournant dramatique pour les mesures d’adaptation face au changement climatique. Si, la semaine dernière, une proposition de loi, portée par le député PS Fabrice Barusseau, a été adoptée à l’unanimité, le vote d’aujourd’hui compromet un levier essentiel : la lutte contre l’artificialisation au travers de l’objectif Zéro Artificialisation Net (ZAN).
Une action urgente est nécessaire sur les littoraux
Les territoires côtiers français sont aujourd’hui en première ligne face aux changements climatiques. Près de 20 % du trait de côte est déjà en recul sur notre territoire. À cela s’ajoute un risque majeur de submersion marine : près de 980 000 logements pourraient être affectés.
Pour autant, l’artificialisation des sols est, quant à elle en progression. Elle est même 2,6 fois plus élevée sur le littoral que sur le reste du territoire et pourrait s’accentuer selon les diverses projections. Cette artificialisation accrue accentue les risques d’inondation, de submersion marine et d’érosion. Elle entraîne également la destruction d’écosystèmes essentiels comme les dunes ou les zones humides qui jouent un rôle crucial de protection des populations côtières.
Consacré par la Loi Climat & Résilience (2021), le dispositif ZAN vise la réduction du rythme d’artificialisation des sols d’ici 2050 et la renaturation des sols. De fait, son respect est essentiel en contexte littoral car il :
1. diminue la vulnérabilité du territoire face à la submersion marine,
2. freine l’exposition de nouveaux enjeux exposés,
3. permet d’éviter ou limiter les coûts futurs de protection ou d’indemnisation ainsi que les coûts élevés de renaturation d’espaces déjà artificialisés,
4. est compatible avec la mise en œuvre de stratégies de recomposition spatiale et le recul de certaines infrastructures côtières menacées,
5. facilite la mise en place ou le maintien de solutions d’adaptation fondées sur la nature.
“Au-delà de ses impacts environnementaux, l’artificialisation représente également un coût croissant pour les collectivités locales. Dans de nombreux cas, elle ne répond pas non plus à un besoin réel de logements, dans des territoires qui connaissent un déclin démographique” rappelle Lisa Pastor, responsable du plaidoyer France pour Surfrider.
Le ZAN : un outil indispensable pour l’adaptation des littoraux vidé de sa substance
La question du ZAN, à l’instar des Zones à Faibles Emissions (ZFE), a été au centre des débats parlementaires tout au long de l’étude de ce texte, déposé en 2024.
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