Communiqué de presse
Ville de Montreuil (93), le jeudi 16 avril 2026
Vœu du Conseil municipal de Montreuil (93)
« Pour en finir avec les politiques de haine, de discrimination et de racisme et pour une République sociale et inclusive »
À l’issue des dernières élections municipales, les maires, adjoint·e·s et conseiller·ère·s municipa·les·ux, représentant une nouvelle génération d’élu·e·s à l’image de la diversité de notre population, issu·e·s des quartiers populaires, se sont engagé·e·s au service de l’intérêt général. Dans notre département, cette diversité est une richesse qui reflète la pluralité des origines de nos habitant·e·s.
Cependant, ce renouvellement démocratique a été suivi d’une campagne médiatique d’une violence inacceptable - avec d’autre part des candidats battus hués et des gagnants menacés. Ainsi, des propos racistes, sexistes et discriminatoires ont visé des élu·e·s, comme Bally Bagayoko, nouveau maire de Saint-Denis.
Ces attaques, largement condamnées par de nombreuses forces politiques et citoyennes, constituent une atteinte grave aux valeurs humanistes qui nous unissent. Elles ne datent toutefois pas d'hier et sont le fruit d'un climat néfaste qui prône la division. Elles sont la conséquence directe de la logique de stigmatisation des villes populaires, victimes de politiques antisociales de l’État depuis des décennies : abandon des services publics, appauvrissement des habitant·e·s, et refus de répondre aux besoins fondamentaux en matière de santé, d’alimentation, de transports, de logement et d’éducation.
Ces discours de haine ne relèvent pas de l’opinion mais tombent sous le coup de la Loi.
Ils visent des millions de nos concitoyen·ne·s, en raison de leur couleur de peau, de leur origine, de leurs croyances ou de leurs convictions supposées, et portent atteinte à leur dignité. Ces propos nauséabonds, nourris par des relents néo-coloniaux et amplifiés par certains responsables politiques, sont inadmissibles. Leur virulence actuelle, menée par l’extrême droite et relayée par les médias et réseaux sociaux, menace la cohésion de notre société et les principes républicains.
Les luttes contre toute forme de discrimination, le racisme, l’antisémitisme, l’islamophobie se doivent d'être universalistes : elles rejettent les assignations identitaires, les concurrences mémorielles, et visent un objectif commun, celui de l’égalité, pourtant présent dès 1789 dans la Déclaration des droits de l'Homme et du Citoyen. Ce combat s'inscrit dans notre engagement pour une République sociale qui protège chaque individu contre toute discrimination, quelle qu'en soit la forme, et garantit à chacune et chacun une égale dignité indépendamment de ses origines, de ses croyances ou de sa couleur de peau.
Face à ces attaques, le Conseil Municipal de Montreuil :
1. Condamne avec la plus grande fermeté les propos racistes, discriminatoires et haineux tenus à l’encontre d'élu·e·s de la République ;
2. Exprime sa pleine et entière solidarité avec Bally Bagayoko, maire de Saint-Denis, ainsi qu’avec l'ensemble des élu.e.s de la République victimes de ces attaques racistes depuis les élections municipales — quelle que soit leur appartenance politique ;
3. Réaffirme son attachement indéfectible aux principes de liberté, d’égalité, de fraternité et de sororité, et rappelle la légitimité démocratique des élu·e·s visé·e·s ;
4. Exige que la Loi soit appliquée sans concession pour sanctionner les propos et actes racistes, et demande l’application de peines d’inéligibilité pour les élu·e·s coupables de tels agissements ;
5. Demande une protection effective des élu·e·s et des citoyen·ne·s victimes de discriminations, et récuse le silence du chef de l'État face à ces attaques contre des représentants de la République, silence qui, dans le contexte actuel de montée de l'extrême droite, constitue une faute politique grave à valeur de cautionnement ;
6. S’engage à promouvoir activement les valeurs de la République et à lutter contre toutes les formes de discrimination, en faisant reculer les discours et les forces qui menacent le vivre-ensemble ;
7. Soutient les recours introduits auprès de l’ARCOM et de la Justice concernant les insultes et les mensonges relayés par les médias, et réaffirme son attachement à des médias libres et indépendants des intérêts financiers privés ;
8. Réaffirme sa volonté de continuer d’agir pour que des politiques de justice sociale et écologiques soient mises en place dans nos villes, pour en finir avec les discriminations sociales qui visent les citoyens ;
9. Appelle l’ensemble des citoyen·ne·s à se mobiliser, dans leur quotidien, pour faire vivre ces valeurs, rejeter toute forme de haine ou de division, et construire ensemble une société plus juste et solidaire.
L’ensemble de ces résolutions sont en cohérence avec l’action de lutte continue de la ville de Montreuil contre les discriminations et le racisme : création d’une délégation de lutte contre le racisme, organisation de permanences du MRAP depuis plusieurs années sous l’intitulé des « 65 jours contre le racisme et l’antisémitisme », etc.
Nous invitons l'ensemble des Montreuillois·es à se joindre aux manifestations contre le racisme et les discriminations qui se tiendront dans les prochaines semaines.
Contact presse : Jean Tilloy, attaché de presse de la Ville de Montreuil
06.63.12.85.10 / 06.30.71.80.07 / 01.48.70.60.38 - [email protected]