Communiqué de presse
Nanterre, le 6 mai 2026
1 MOIS, 1 ŒUVRE DANS LES HAUTS-DE-SEINE :
L’ART CONTEMPORAIN À L’ŒUVRE EN TOUS LIEUX
Le Département des Hauts-de-Seine s’engage en faveur d’une politique culturelle accessible, exigeante, et qualitative. L’éducation artistique et culturelle (EAC) s’inscrit pleinement dans cette ambition puisqu’elle permet aux Altoséquanais, notamment aux jeunes et aux publics les plus éloignés de la culture, de découvrir des lieux culturels, des œuvres, et de rencontrer des artistes. Créé en 2019, le dispositif 1 mois, 1 œuvre s’inscrit dans cette dynamique à travers un programme annuel de projets autour des arts visuels, en partenariat avec les acteurs culturels, sociaux et éducatifs du territoire.

Visite avec une médiatrice dans le cadre du dispositif 1 mois, 1 œuvre, grâce à un partenariat avec la Cité de l’Enfance (Le Plessis-Robinson) et la 69e édition du Salon de Montrouge © CD92 – Stéphanie Gutierrez-Ortéga
Tout au long de l’année, les œuvres du Fonds Départemental d’Art Contemporain sont exposées et mise en lumière dans des lieux qui ne sont pas habitués à accueillir de l’art contemporain : établissements sociaux, collèges, structures d’insertion, etc.
En parallèle de leur installation, des ateliers de pratique artistique et des outils de médiation sont mis en place afin de permettre l’appropriation et l’échange autour des œuvres. À l’issue de chaque projet, un évènement est organisé pour valoriser les créations des participants exposées en écho et à côté de l’œuvre de l’artiste. Les projets permettent non seulement de faire découvrir l’art contemporain à un public élargi, mais également de créer un véritable dialogue entre les œuvres, les artistes, et les différents publics.
Une programmation 2026 encore plus expérimentale et interactive
Le dispositif 1 mois, 1 oeuvre expérimente chaque année de nouveaux formats de projets avec les partenaires du territoire et les acteurs sociaux du Département des Hauts-de-Seine. Les quatre projets prévus jusqu’en juillet 2026 présentent chacun une singularité afin de rendre la programmation toujours plus expérimentale, plus interactive, en s’inscrivant dans une dynamique de territoire en faveur des publics du champ des solidarités.
Collège Auguste Renoir d’Asnières-sur-Seine
Avril 2026
Projet immersif avec l’artiste Golnaz Payani et l’ensemble des collègiens
Ce projet d’installation évolutive, collective, et interdisciplinaire s’est déroulé pendant 10 jours autour de l’œuvre Portrait 08 de Golnaz Payani. Il comprend la participation des élèves et enseignants toutes disciplines confondues, venus chaque jour compléter l’espace dédié en y déposant des supports artistiques créés en lien avec l’œuvre : mots, poèmes, textes, dessins, etc. Cette dynamique collaborative a fait évoluer le projet au fil des jours, offrant la possibilité aux élèves d’être tour à tour acteurs de la scénographie, de la technique et de la logistique, de la médiation, de la pratique artistique… L’ensemble a enfin été valorisé dans le cadre de mini-expositions.

Projet immersif avec l’artiste Golnaz Payani et les collégiens du collège Auguste Renoir d’Asnières-sur-Seine dans le cadre du dispositif 1 mois, 1 œuvre © CD92 – Stéphanie Gutierrez-Ortéga
Gennevilliers
Jusqu’au 13 juin 2026
Oeuvre collaborative des habitants de Gennevilliers inspirée de l’univers
de l’artiste Frédérique Petit et des jardins du musée départemental Albert Kahn
1 mois, 1 œuvre expérimente un nouveau concept d’œuvre collective et collaborative avec l’ensemble des participants issus des ateliers de l’Espace culturel et social Saâd-Abssi : adhérents, bénévoles, clubs ado, jeunes retraités ainsi que des publics externes comme un ESAT ou la Maison de la solidarité. Ce projet dialogue avec les jardins du MDAK, puisque un groupe de participants se rendra le 6 mai à 10h30 au musée pour nourrir le projet à partir de croquis, photographie, prises de note, etc.
L’artiste Frédérique Petit propose aux participants de créer librement une image inspirée par le sujet de l’arbre, qui est au cœur de son travail de tapisserie et de broderie. Toutes les pièces seront ensuite assemblées en une longue fresque.
Ateliers ouverts à tous les publics sur inscription (10 personnes maximum) :
• Samedi 16 mai : 10h-12h & 14h-16h
• Samedi 23 mai : 10h-12h & 14h-16h
• Samedi 30 mai : 10h-12h & 14h-16h
• Samedi 6 juin : 10h-12h & 14h-16h
L’œuvre commune sera valorisée lors de la restitution prévue samedi 13 juin à 15h30 autour d’une rencontre conviviale avec participants, familles, et partenaires.
Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) des Hauts-de-Seine
Jusqu’au 10 juillet 2026
Projet avec l’équipe de la MDPH et un groupe de jeunes de l’Institut des Jeunes Sourds
de Bourg-la-Reine autour de l’œuvre Paysage bleu de Jérôme Delépine
Ce projet met l’accent sur la participation des agents de la MDPH, invités à réaliser une œuvre inspirée de celle de Jérôme Delèpine. Leur travaux seront ensuite exposés dans les différents espaces du nouveau site : bureaux, espace accueil, couloirs, etc. Ce temps de partage entre agents permet de les rassembler autour d’un projet pour créer du lien. L’artiste intervenante Lorraine Féline accueille également un groupe de l’Institut des Jeunes Sourds de Bourg-la-Reine pour des ateliers.
Les réalisations des particiapants seront exposées le 28 mai.
Cité de l’Enfance & Salon de Montrouge
Rencontre avec l’artiste Angélique de Chabot
Du 6 au 10 juillet 2026
6 enfants de la Cité de l’Enfance (Le Plessis-Robinson) ont pu bénéficier d’une visite guidée personnalisée du Salon de Montrouge en février 2026. À l’issue de cette visite, ils ont été invités à sélectionner leur œuvre « coup de cœur ». Le triptyque en bois Leur chef est aveugle, de l’artiste Angélique de Chabot, a remporté l’unanimité. L’artiste interviendra du 6 au 10 juillet à la Cité de l’enfance pour proposer aux enfants des ateliers inspirés de son univers. A l’instar de cette œuvre, les enfants seront invités à réaliser une boîte pour y déposer les dessins réalisés au préalable.
Les artistes et leurs œuvres

Le portrait 08, 2023 – Tissu et cadre en bois peint et dorure
Golnaz Panyani – Courtoisie de l’artiste et de Praz-Delavallade
Œuvre acquise par le Département des Hauts-de-Seine en 2024
« Mon parcours artistique prend racine dans le thème de la disparition, explorant la trace et sa perception. Née à Téhéran en 1986 pendant la guerre Iran-Iraq, les années suivantes ont été marquées par la diffusion régulière des listes de personnes disparues. Ces disparitions revêtaient différentes formes en Iran, touchant non seulement les personnalités politiques, mais aussi les aspects quotidiens, imposées par l’injonction au silence des adultes, contraignant les enfants à taire leur quotidien à l’extérieur. Les célébrations joyeuses, tels anniversaires, mariages et rencontres entre amis, se déroulaient en secret, à l’abri des regards. Mon enfance fut le lieu d’un conflit constant entre l’ostensible paraître et l’invisible privé.
À mes 15 ans, j’ai été obligée de porter le voile, ce qui a changé mon rapport au tissu. Moi qui adorais jouer avec les bouts de tissus récupérés auprès de ma grand-mère, ils devinrent objets d’oppression, fardeau. De jouets merveilleux palpables et multicolores, ils se transformèrent en un uniforme annihilant tous les traits de ma personnalité. Mon départ pour la France en 2009 a eu une influence considérable sur mon travail plastique.
J’ai développé mon intérêt pour ce qui était désormais hors de vue, disparu et invisible et j’ai renoué avec mon amour pour le tissu. Le caractère versatile du textile me fascine, à la fois capable de cacher comme de dévoiler, il réunit le visible et l’invisible. Je réalise qu’il fait office à la fois de frontière et de lien, puisqu’en nous couvrant, il nous représente. » — Golnaz Payani

Ombre Chinoise Albert Kahn, 2023 – Broderie fil de soie sur voile de coton, encadrée sous verre
Frédérique Petit
Œuvre acquise par le Département des Hauts-de-Seine en 2024
Artiste plasticienne et musicienne, née à Paris en 1949, Frédérique Petit découvre en 1971 le tissage et l’apprend en autodidacte en observant les métiers à tisser primitifs au musée de l’Homme. En 2008, elle reçoit une bourse d’Aide à la Recherche du CNAP qui lui permet de se rendre à Suzhou, haut lieu de la broderie en Chine. Elle réalise alors ses premiers Rubans de temps brodés au fil de soie. L’un des premiers dispositifs se déroule sur plus de 11 mètres de long, d’autres suivront comme le Ruban de pierres, ou la série Ombres chinoises à laquelle se rattache l’oeuvre Ombre Chinoise Albert Kahn.
Depuis 2013, comme un contrepoint à ses broderies délicates, l’artiste aborde d’autres techniques en travaillant le fil de métal pour construire des oeuvres de plus grand format et en volume, telles que ses grands nids, huttes et cocons, destinés à des installations en extérieur en dialogue avec les éléments naturels. Les notions de temps et de rythme sont primordiales dans son travail : elle se dit à la recherche du « rythme parfait » et privilégie le sensible à la technique dans son processus créatif. Inspirées par les éléments naturels, ses broderies comme ses sculptures jouent avec les frontières entre contenant et contenu, entre visible et invisible, entre végétal et organique.
Pour cette oeuvre créée dans le cadre de son installation au musée départemental Albert-Kahn pour l’édition 2023 de Jardins Ouverts, Frédérique Petit propose une relecture brodée du jardin à scènes d’Albert Kahn. Des cimes des arbres du marais au pont du jardin japonais, l’artiste reproduit tout en finesse et en délicatesse les éléments emblématiques du site.

Paysage bleu, 2014 – Toile, peinture à l’acrylique
Jérôme Delépine
Don du Fonds culturel de l’Ermitage par sa présidente Martine Boulart en 2021 au Département des Hauts-de-Seine
« Né en 1977, Jérôme Delépine dessine depuis qu’il est enfant. Le libraire à qui il achetait les livres d’art lui a présenté le peintre Lepoureau, qui lui a donné des cours de peinture dès l’âge de 11 ans. Le cheminement de Jérôme Delépine est donc presque celui d’un autodidacte ; il se fait hors les murs des institutions car celles-ci le refusent à cause de son handicap visuel et un dossier médical qui le suit à ses dépens. La peinture sera sa lumière, sa liberté, son émerveillement, dans une figuration libre, d’une grande rapidité d’exécution, très instinctive.
Comme ses maîtres Rembrandt et Turner, Jérôme Delépine joue avec la lumière, maniant le clair-obscur dans des toiles aux glacis veloutés et mystérieux. Des sombres et brumeux paysages, où l’on distingue à peine un arbre, quelques silhouettes, une frêle embarcation chahutée par les vagues, jaillissent des ciels immenses et éblouissants.
« Mes paysages ou mes personnages sortent de mon imagination, de mes rêves. De toute façon, je ne sais pas ce que c’est que de voir la réalité, mon univers est toujours symbolique. L’important est la vision, et non l’acuité », explique l’artiste. Quelle que soit la technique employée, huile, dessin ou monotype, Jérôme Delépine travaille sur l’impression que lui donne cette malvoyance, cherchant la matière, la profondeur, les contrastes et l’humanité écrasée, presque blessée par la lumière qui la renvoie à sa quête de la connaissance, du questionnement. » — Extraits des textes de Catherine Rigollet et Clémentine D. Calcutta

Leur chef est aveugle, 2026 – Retable en bois, bas-relief de céramique émaillée
Angélique de Chabot – Courtoisie de l’artiste et du Salon de Montrouge
« Cette scène de violence animale renvoie à d’anciens mythes fondateurs dans lesquels nous, le vivant humain et non humain, sommes projetés, emprisonnés dans le monde de la matière dont il faut s’émanciper. Ici, les instincts et la chaire sont enfermés dans un retable dont le spectateur peut toucher la clé. Cette grande pièce est la première d'une série de retables en cours de réalisation. Elle a été réalisée pour le Salon de Montrouge avec la contribution de nombreux soutiens.
Angélique de Chabot réactive des mémoires ancestrales et des états de conscience oubliés au moyen d’œuvres construites avec la nature, dont la dimension est pourtant surnaturelle. Ses totems, masques et talismans descendent dans les rues au cours de processions “à la limite du burlesque et du sacré”. Les tambours s’agitent, les porteurs de masques frémissent puis leurs gestes s’amplifient dans une danse étrange. »
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1 mois 1 œuvre, c’est depuis 2020 :
• 6 éditions et 34 projets réalisés
• 32 structures partenaires, dont 9 collèges et 23 structures du champ social : des pôles sociaux, des EHPAD, des résidences autonomie, des lieux d’accueil de publics fragilisés, des structures jeunesse et de protection de l’enfance.
• Près de 8 000 personnes qui ont pu découvrir les œuvres
• 400 participants à des ateliers de pratique artistique (dessin, danse, photo etc.)
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Contact presse
DÉPARTEMENT DES HAUTS-DE-SEINE
Simon THOLLOT
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