Communiqué de presse
Février 2026
UKRAINE
Sous les bombes depuis 4 ans, les Ukrainiens sont à bout de souffle
Lyon, le 18 février 2026. Alors que la guerre entre dans sa quatrième année en Ukraine, les bombardements et les pilonnages systématiques à travers le pays ont détruit des infrastructures essentielles, notamment des routes, des hôpitaux, des écoles et des réseaux électriques. L’Ukraine figure parmi les pays les plus pollués au monde par les mines et les restes explosifs de guerre. La présence de munitions explosives dans les zones résidentielles crée des menaces invisibles qui, en plus de terroriser les populations, empêchent les personnes déplacées et les réfugiés de rentrer chez eux. Aujourd’hui, la population est épuisée et traumatisée – parmi elles, les personnes handicapées sont touchées de manière disproportionnée par la violence.
Notes aux rédactions :
. Des porte-paroles sont disponibles pour prendre la parole à l’occasion de la quatrième année du conflit en Ukraine.
. Merci de contacter Clara Amati pour toute demande : [email protected] / 06 98 65 63 94.
Bombardements et pilonnages sans fin
Depuis quatre ans, les civils sont victimes de bombardements et de pilonnages indiscriminés et incessants. Ils peuvent être touchés par un drone ou une bombe aérienne dans leurs occupations quotidiennes, comme faire la queue à la caisse de retraite ou prendre le bus. Les petits villages comme les zones densément peuplées sont pris pour cibles. Depuis février 2022, 15 000 civils ont été tués et 40 000 blessés (OHCHR).
Ces bombardements ont également décimé les infrastructures du pays. Les réseaux électriques ont été particulièrement visés par les forces russes à l'approche de l'hiver : jusqu'à 70 % de la capacité totale de production d'électricité du pays a été impactée, les centrales thermiques étant les plus touchées. Ces coupures d'électricité, qui durent plusieurs heures par jour, ont de graves répercussions sur le fonctionnement des hôpitaux, des écoles et des services essentiels. Des millions de personnes sont privées de chauffage, d'eau et de transports publics fiables, ce qui affecte durement le moral de la population.
Un quart du pays est contaminé par les mines et les restes explosifs de guerre
Un quart du pays est désormais contaminé par les mines et les restes explosifs de guerre. Plus de 138 000 km² de terres et 14 000 km² d'étendues d'eau sont potentiellement contaminés par des mines, des armes à sous-munitions et d'autres restes explosifs de guerre[1].
« L'Ukraine est aujourd'hui l'un des pays les plus pollués au monde. Cette contamination freine la production agricole, entrave les efforts de reconstruction et limite l'accès humanitaire. Des communautés entières ont perdu l'accès à des terres essentielles pour l'agriculture et le pâturage, plongeant les ménages ruraux dans une grande précarité et les rendant plus dépendants de l'aide humanitaire. »
Elliot de Faramond, Spécialiste du désarmement chez HI
Dans la seule région de Kherson, où la contamination par des engins explosifs devrait réduire la croissance régionale de 10 à 15 %, la situation s'est encore aggravée en juin 2023 avec la destruction du barrage de Nova Kakhovka. Cet événement a entraîné la dispersion de milliers de mines et l'inondation de dizaines de milliers d'hectares de terres agricoles.
Une population traumatisée
La population est épuisée par quatre années de bombardements incessants, de multiples déplacements, la perte de leurs maisons et de leurs biens, et le deuil.
De nombreux survivants et leurs familles souffrent de stress post-traumatique (SPT), de dépression et d'anxiété. Des communautés entières ont été touchées et sont privées d'accès aux services essentiels, en particulier à l'éducation, et n’ont plus de revenus.
La présence de munitions explosives dans les zones résidentielles, combinée au risque de recontamination des zones précédemment sécurisées, créent des menaces invisibles qui, en plus de terroriser les populations, empêchent les personnes déplacées et les réfugiés de rentrer chez eux.
Les personnes handicapés prises dans la guerre
Avant l'invasion, l'Ukraine comptait environ 2,7 millions de personnes handicapées ; ce chiffre a considérablement augmenté en raison du nombre élevé de blessés de guerre.
Un rapport du Projet d'évaluation des capacités (ACAPS) estime qu'environ 300 000 personnes (au total) ont des blessures liées au conflit, dont certaines ont entraîné des handicaps physiques tels que des amputations ou des pertes auditives et visuelles.
Les personnes handicapées sont touchées de manière disproportionnée par la violence et font face à d'immenses difficultés pour accéder aux services essentiels.
“Nous avons constaté une augmentation significative des demandes de rééducation pour des personnes blessées par des attaques de roquette et de drone, des bombardements aériens et des explosions de mines. Ces patients ont subi des traumatismes graves et des amputations. Les demandes émanant de personnes déplacées à l'intérieur du pays ont également augmenté à mesure que la ligne de front se rapproche de la région de Dnipropetrovsk. Nous aidons les survivants à retrouver leurs capacités fonctionnelles, à se déplacer de manière autonome et à prendre soin d'eux-mêmes pour retrouver confiance et indépendance. Pour ceux qui ont tout perdu, y compris leurs biens, leur santé et parfois leur volonté de vivre, un soutien psychologique est essentiel.”
Témoignage de Tatiana, kinésithérapeute à Dnipro, Novembre 2025
A propos de Handicap International
Handicap International est une association de solidarité internationale indépendante, qui intervient depuis plus de 40 ans dans les situations de pauvreté et d’exclusion, de conflits et de catastrophes. Œuvrant aux côtés des personnes handicapées et vulnérabilisées, elle agit et témoigne pour répondre à leurs besoins essentiels et améliorer leurs conditions de vie. Elle s’engage à promouvoir le respect de leur dignité et de leurs droits fondamentaux. Depuis sa création en 1982, Handicap International a mis en place des programmes de développement dans plus de 60 pays et intervient dans de nombreuses situations d’urgence. Le réseau de 8 associations nationales (Allemagne, Belgique, Canada, États-Unis, France, Luxembourg, Royaume-Uni et Suisse) œuvre de manière constante à la mobilisation des ressources, à la cogestion des projets et au rayonnement des principes et actions de l’organisation. Handicap International est l’une des six associations fondatrices de la Campagne internationale pour interdire les mines (ICBL), co-lauréate du prix Nobel de la paix en 1997 et lauréate du Prix Conrad N. Hilton 2011. Handicap International agit et témoigne partout où « vivre debout » ne va pas de soi.