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RÉACTION AUX ANNONCES DE LA MINISTRE MONIQUE BARBUT SUR SES PRIORITÉS POUR LA FORÊT FRANÇAISE
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Date : 24/02/2026 15:11
Thème(s) :  Développement durable  ;  Ecologie  ; 
 
 
 
 
Société communicante :
CANOPEE
[email protected]
 
     
Communiqué :

À l’occasion de sa visite au Salon international de l’agriculture, la ministre Monique Barbut a présenté ses priorités pour la forêt française. Canopée en décrypte les implications et réagit.

Réouverture des aides au plan « un milliard d’arbres »

La principale annonce concerne la réouverture des aides du plan visant à planter un milliard d’arbres d’ici 2030, objectif fixé en 2022 par le Président de la République.

Depuis son lancement, ce plan fait l’objet de critiques récurrentes. En cause : les coupes rases réalisées en amont des plantations, rendues possibles par un cahier des charges insuffisamment encadré.

En l’état actuel, ce cahier des charges autorise la coupe intégrale d’un peuplement dès lors que 20 % des arbres sont morts ou présentent des signes de dépérissement. Ces coupes peuvent ensuite ouvrir droit à des subventions publiques pour reboisement.

Ce dispositif crée un effet d’aubaine et finance des coupes rases abusives avec de l’argent public. Ces dérives ont été dénoncées par de nombreux acteurs, dont la Cour des comptes ou encore un ancien responsable du  Secrétariat Général à la Planification Ecologique [1]

Un engagement reporté sur la révision du cahier des charges

À plusieurs reprises, le gouvernement s’était engagé à réviser le cahier des charges afin de corriger ces failles. Les arbitrages semblaient imminents.

Or, au lieu de conditionner la réouverture des aides à cette réforme attendue, la ministre a choisi de rouvrir le guichet et de reporter à plus tard la révision du dispositif.

Ce choix constitue un nouveau revirement et illustre la difficulté persistante du gouvernement à fixer un cap clair et cohérent pour la politique forestière.

Le tabou des coupes rases

Le sujet des coupes rases est devenu un angle mort du débat public. En 2023, le gouvernement a pourtant reçu une expertise scientifique collective sur cette pratique, qu’il avait lui-même commandée. Depuis, aucune mesure structurante n’a été prise pour en encadrer les effets. Or, l’enjeu dépasse largement la seule question paysagère.

Comme l’explique Sylvain Angerand, coordinateur de Canopée :

« Encadrer les coupes rases n’est pas un détail de notre politique forestière. C’est le levier le plus efficace pour éviter la chute du puits de carbone forestier. »

Dans un rapport à paraître le 25 février, Canopée montre que les émissions de carbone associées aux coupes rases représentent un ordre de grandeur comparable au déficit du puits de carbone forestier que le gouvernement anticipe à l’horizon 2030.

Sans réforme ambitieuse de l’encadrement des coupes rases, les objectifs climatiques et de restauration de la biodiversité affichés resteront hors d’atteinte.

Contact presse:

Sylvain Angerand

07 51 69 78 81

 

[1] Frederik Jobert, « Pour un nouveau paradigme forestier », tribune publiée dans Terra Nova, 2 avril 2025.
Disponible en ligne : https://tnova.fr/ecologie/biodiversite/pour-un-nouveau-paradigme-forestier/

 

[2] Cour des comptes, La gestion durable de la forêt métropolitaine : quelle adaptation au changement climatique ?, mars 2024.
Disponible en ligne : https://www.ccomptes.fr/sites/default/files/2024-03/20240312-RPA-2024-ENPA-gestion-durable-foret-metropolitaine.pdf

Extrait (p. 19) :
« Certaines interventions du fonds d’aide au renouvellement de France Relance ne répondent pas directement à des objectifs d’adaptation des forêts. En effet, d’une part, elles privilégient les peuplements à faible valeur économique non dépéris et, d’autre part, elles reposent sur des critères de diversification trop peu contraignants. »

   
   
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