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Quand les citoyens deviennent sentinelles du littoral : lancement ce mercredi 25 février de SeaClic à Mimizan afin de renforcer le dispositif de science participative CoastSnap Nouvelle-Aquitaine
Et si une communauté d’observateurs citoyens participait activement, aux côtés de scientifiques, au suivi du littoral à travers des photos prises depuis un point fixe ? C’est l’idée au cœur du projet SeaClic, porté par l’Observatoire de la côte de Nouvelle-Aquitaine (OCNA), Surfrider Foundation Europe et le Centre aquitain des technologies de l’information et électroniques (CATIE). Ensemble, ils invitent les citoyens locaux à contribuer activement à la gestion et au suivi du littoral de Mimizan grâce au dispositif de science participative CoastSnap Nouvelle-Aquitaine.
Le littoral de la côte atlantique, et de la région Nouvelle-Aquitaine en particulier, subit les assauts des tempêtes qui traversent le Golfe de Gascogne et se retrouve parmi les littoraux français les plus vulnérables aux phénomènes d’érosion côtière et de submersion marine. Durant les périodes plus calmes, les conditions météo-marines peuvent également transformer très rapidement les paysages côtiers. Comprendre et anticiper ces évolutions nécessitent une fréquence de suivi adaptée aux processus à l’œuvre. Et il se trouve qu’une photo de plage prise régulièrement tout au long de l’année est un moyen de suivi précieux pour les scientifiques.
C’est ainsi qu’est né CoastSnap Nouvelle-Aquitaine en 2022, projet régional de science participative, rattaché à l’Observatoire de la côte de Nouvelle-Aquitaine. Il s’appuie sur un dispositif de science participative innovant : des postes d’observation installés aux abords des plages. Le principe est simple : tout passant peut devenir observateur. Il suffit de placer son téléphone sur le support prévu à cet effet, de prendre une photo du littoral, puis de l’envoyer via l’application, par e-mail ou sur le site Internet dédié. Depuis son lancement, 8 stations ont été installées le long de la côte de Nouvelle-Aquitaine, à Lacanau, Capbreton, Saint-Jean-de-Luz, Biscarrosse, Mimizan, La Brée-les-Bains, La Tremblade et Saint-Palais-sur-Mer.
Cependant, pour que l’observation soit complète, chaque image compte, surtout lors des tempêtes, le plus souvent en période hivernale. Des moments clés qui sont encore trop peu documentés en raison de la fréquentation plus faible des plages à ces périodes. L’idéal serait de pouvoir obtenir des photos en amont et en aval de ces épisodes météorologiques. C’est dans ce contexte que se met en place le projet SeaClic.
SeaClic : un groupe d’observateurs fédéré et animé par Surfrider Foundation
Le projet SeaClic vise à renforcer le dispositif CoastSnap en créant un groupe d’observateurs bénévoles, chargés de prendre des photos du littoral lors de moments clés déterminés par les scientifiques de l’Observatoire de la côte de Nouvelle-Aquitaine. Le littoral de Mimizan a été retenu pour développer le projet. Depuis 2013, la Communauté de communes et la Ville de Mimizan mènent une surveillance régulière de leur bande côtière, soumise à la submersion marine ainsi qu’à l’érosion éolienne et côtière. Le suivi des mouvements de sable est essentiel pour anticiper les risques et adapter la gestion du littoral. Pour améliorer cette connaissance, une station d’observation CoastSnap a été installée en juillet 2024 sur la plage de Mimizan (au nord du courant, sur la terrasse au niveau de l’accès plage face à la résidence Cap-Océan).
Dans le cadre de SeaClic, un groupe d’observateurs citoyens a été constitué et est animé par Surfrider Foundation. Mobilisables lors de moments clés, tempêtes, fortes marées, ces volontaires fournissent des images indispensables pour compléter les données de terrain des scientifiques. L’Observatoire de la côte de Nouvelle-Aquitaine pourra ainsi disposer d’informations plus riches et plus régulières, permettant à la Communauté de communes et à la Ville de Mimizan de renforcer leurs actions de gestion et de protection du littoral.
Du téléphone aux chercheurs : que deviennent les photos du littoral ?
Une fois partagées, les photos rejoignent une banque d’images citoyennes, comparées et analysées par les scientifiques grâce à des algorithmes développés par le réseau international CoastSnap et l’Observatoire de la côte de Nouvelle-Aquitaine. Cette banque d’images est accessible depuis le site Internet de CoastSnap Nouvelle-Aquitaine, via les pages dédiées à chaque station.

Le poste d’observation CoastSnap de Mimizan et la photo type obtenue depuis ce dernier
Crédits photos : Observatoire de la côte de Nouvelle-Aquitaine
Grâce aux prises de vue de la plage répétées depuis un même point fixe, il est possible de suivre l’évolution du littoral : position du trait de côte, variations du niveau de plage, de la végétation, etc. Cependant, le traitement des images reste long et complexe : les variations de cadrage, de luminosité ou de taille compliquent l’analyse des images et nécessitent le développement d’algorithmes de traitement. C’est pourquoi, dans le cadre du projet SeaClic, de nouveaux algorithmes sont actuellement en phase de test. Ce travail est mené en collaboration avec l’un de nos deux partenaires, le Centre aquitain des technologies de l’information et électronique (CATIE).
Leur objectif : accélérer le traitement et l’analyse des images afin de fournir et de partager plus rapidement des résultats pour optimiser la gestion du littoral.
Le projet pilote SeaClic pourra s’étendre à plus grande échelle sur d’autres stations CoastSnap si les premiers résultats sont concluants à Mimizan.
Pour plus d’informations sur CoastSnap Nouvelle-Aquitaine et le projet SeaClic, rendez-vous sur le site Internet du projet : https://coastsnap-nouvelle-aquitaine.fr/
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