50 ans de suivi des coquilles Saint-Jacques en baie de Seine : une boussole pour la gestion des pêches
Depuis cinquante ans, la campagne scientifique COMOR éclaire la gestion de la coquille Saint-Jacques en Manche orientale et en baie de Seine. Devenue une référence nationale et européenne, cette série de données montre comment un suivi scientifique mené dans la durée, en dialogue étroit avec les pêcheurs et les gestionnaires, peut devenir une véritable boussole pour une pêche durable. Alors que la biomasse exploitable atteint aujourd?hui des niveaux élevés, l?Ifremer rappelle l?importance de maintenir cette vigilance face aux variations naturelles des populations et aux effets du changement climatique.
Ce 25 juin 2026, les scientifiques se réunissent auprès de partenaires institutionnels, professionnels et élus locaux pour célébrer le cinquantième anniversaire de la campagne COMOR (Coquilles Manche Orientale) au c?ur du port du Havre.
« Ce suivi, d?une longévité inédite, illustre bien la nécessité d?une collaboration étroite, sur le long terme entre scientifiques et pêcheurs pour assurer la pérennité et la bonne gestion des ressources marines vivantes », souligne François Houllier, président-directeur général de l?Ifremer.
Les campagnes océanographiques côtières ont commencé dès 1976. Ce suivi sur le long terme montre une évolution très favorable de la population de coquilles Saint-Jacques en Manche orientale. Aujourd?hui, entre Barfleur et le cap d?Antifer, la population de coquilles se porte bien : la biomasse exploitable atteignait près de 120 000 tonnes en septembre 2025.
« Il est crucial de conserver cette dynamique de campagnes régulières, estime Éric Foucher, chercheur halieutique à la station Ifremer de Port-en-Bessin et chef de mission COMOR. Nous restons vigilants face à de fortes variations de la population de coquilles Saint-Jacques d?année en année, avec notamment la récente diminution des naissances de coquilles, ou encore la menace du changement climatique. »
Une gestion exemplaire en baie de seine
Adapter l?ouverture de la saison de pêche, les quotas journaliers par navire, les zones de jachère servant à la protection des juvéniles, ou encore la taille des anneaux de drague : la situation actuellement favorable de la population de coquilles Saint-Jacques est le fruit de mesures de gestion mises en place par les pêcheurs, appuyées sur les évaluations scientifiques.
En décembre dernier, la pêcherie de coquilles Saint-Jacques de la Baie de Seine a d?ailleurs reçu la certification "Pêche durable" du Marine Stewardship Council (MSC). La remise de la certification a eu lieu à Port-en-Bessin en présence de l'Ifremer dont le rôle a été clé dans l?évaluation des modalités de gestion de la ressource et des pratiques de pêche dans ce secteur. L'obtention de ce label repose sur une coordination entre les pêcheurs, les organisations de producteurs et les scientifiques.
Pour en savoir plus : les coquilles Saint-Jacques battent des records d?abondance depuis 2020 ? succès durable ou équilibre fragile ?
La deuxième étape normande du Tour de France de l?Ifremer
« De la connaissance scientifique à la décision publique pour l?Océan »
L?événement des 50 ans de la campagne COMOR, le 25 juin à l?École nationale supérieure maritime du Havre, est la seconde escale du Tour de France de l?Ifremer en Normandie après son lancement à Cherbourg le 18 juin, lors des Assises de la pêche et des produits de la mer. Cette série de rencontres dans l?hexagone et en Outre-mer permet aux élus locaux d?adresser leurs questions et celles de leurs concitoyens aux scientifiques de l?institut avec l?ambition de renforcer le dialogue entre science, territoires et décideurs publics autour des enjeux maritimes.
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