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Communiqué de presse 03.07.2026 | Pour diffusion immédiate
Surfrider Foundation Europe, au côté du laboratoire Eurofins, publie la première étude d’envergure sur la présence de PFAS dans les eaux récréatives, démontrant la présence massive de ces polluants sur l'ensemble des sites testés. Le milieu marin, encore trop peu étudié est largement contaminé, à des concentrations non suspectées.
Une étude scientifique pour documenter une pollution jamais étudiée
Les PFAS, substances per- et polyfluoroalkylées, communément appelés polluants éternels, désignent une famille de plusieurs milliers de composés chimiques synthétiques, particulièrement persistants Si un nombre croissant de rapports existe sur leur présence dans l’environnement, aucune étude d’envergure n’avait été réalisée dans les eaux de baignade et récréative jusqu’à ce jour. Il s’agit pourtant non seulement d’un réel problème environnemental, mais aussi d’une sérieuse menace pour la santé publique. Il est donc légitime de s’interroger sur les risques encourus lorsque nous nous baignons, surfons etc.
Pour améliorer cette connaissance sur la présence des PFAS dans les milieux aquatiques, Surfrider a réalisé une action de science participative d’envergure : la réalisation de prélèvements par 80 bénévoles de l’ONG présent.es sur 107 sites de baignade ou régulièrement fréquentés par des pratiquants d’activités nautiques (en lacs, rivières ou encore sur le littoral). Ces citoyen.nes préalablement formés aux techniques d’échantillonnage ont respecté un protocole normé s’appuyant sur les préconisations du laboratoire partenaire Eurofins pour respecter les conditions de prélèvements.
Le laboratoire a analysé la présence et la concentration de 58 PFAS dans chacun des échantillons qui ont ensuite été interprété par Surfrider Europe.
Lien vers le Dossier de Presse avec les résultats complets
La majorité des sites testés en mauvais état chimique
Afin d’appréhender la qualité chimique de ces eaux récréatives, Surfrider s’est appuyé sur la législation en vigueur, la Directive Cadre sur l’Eau (DCE), et sur les normes de qualité environnementales (NQE) concernant les PFAS. L’ONG a comparé ses résultats d’analyses aux valeurs de référence du PFOS, seul indicateur appartenant à la famille des PFAS au moment de la réalisation de l’étude. Malgré l’existence de restrictions fortes à l’échelle européenne et internationale, 78% des sites continentaux et 44% des sites littoraux testés dépassent les valeurs maximales autorisées. Un nombre important de sites est donc soumis à une pression liée à la pollution par le PFOS et pourraient être considérés "en mauvais état chimique” selon les standards européens pris en compte dans notre étude.
D’autre part, la contamination observée est très diversifiée. Parmi les 58 molécules différentes et produits de dégradation qui ont fait l’objet d’une recherche approfondie, 23 PFAS ont pu être quantifiés tous sites confondus, traduisant une pollution complexe et hétérogène. Le TFA, récemment classé comme « toxique pour la reproduction » (catégorie 1B) par l’Agence européenne pour les produits chimiques (ECHA), est quant à lui identifié dans 100% de nos échantillons à des concentrations que l’on ne suspectait pas.
Qualité des eaux de baignade : tous les prélèvements présentent des traces de PFAS
Pour évaluer la qualité des eaux de baignade eu égard aux PFAS, Surfrider s’est appuyé sur un outil d’aide à la gestion développé par l’Institut National néerlandais de la Santé Publique et de l’Environnement (RIVM) à l'intention des gestionnaires de zones de baignade. Afin de répondre aux préoccupations croissantes de la population et des autorités, le RIVM a en effet développé en 2024 un guide pratique destiné à l'évaluation initiale des risques liés aux eaux de baignade, définissant une valeur guide de 280ng PEQ/L.
S’appuyant sur ce référentiel, l'étude menée par Surfrider Europe a permis de rendre compte pour la première fois de la présence de ces polluants dans les eaux de baignade et de leurs risques associés. Nos analyses ont mis en évidence qu’aucun site testé, qu’il soit littoral ou continental n’est épargné. Un site dépasserait même les recommandations des autorités néerlandaises si les sites de baignade français étaient régis par un cadre similaire.
Une seule solution face à l’ampleur de cette pollution : stopper les émissions à la source
L’étude démontre l’omniprésence des PFAS dans l’environnement jusque dans les zones que nous fréquentons pour nous baigner ou pratiquer des activités nautiques. Des PFAS ont été détectés sur l’ensemble des sites de baignade et de pratiques nautiques étudié, avec des niveaux de contamination variables. Des substances faisant l’objet d’interdictions depuis déjà plusieurs années, telles que le PFOS et le PFOA, sont détectées à des concentrations encore élevées tandis qu’une large diversité des substances et de produits de dégradation ont été régulièrement identifiés. Le milieu marin passe encore trop souvent sous les radars. Pourtant, lui aussi est largement contaminé par les PFAS à des concentrations que l’on ne suspectait pas.
Ces constats sont alarmants et mettent en évidence les limites du cadre réglementaire actuel. Surfrider appelle, sans délais, la Commission Européenne à :
- Se saisir des conclusions de l’ECHA d’ici à la fin de l’année afin d’adopter au plus vite une restriction universelle des PFAS, couvrant tous les usages et tous les secteurs, y compris les secteurs industriels. Nous appelons aussi les Etats Membres de soutenir cette ambition, afin de stopper durablement cette pollution à la source.
- Renforcer les réseaux de surveillance de la qualité de nos masses d’eau, plus particulièrement dans le milieu marin qui doivent être accompagnés d’actions concrètes d’identification des sources de pollution, de remédiation des sites contaminés et de mise en œuvre effective du principe du pollueur-payeur
- Établir des protocoles de surveillance des PFAS dans les eaux de baignade et récréatives harmonisés dans les Etats Membres, accompagnés d’études complémentaires visant à pallier le manque de données concernant la pollution de ces zones et permettant in fine d’établir des normes de suivi européennes officielles de la qualité chimique des eaux de baignade. Lorsqu'une pollution est établie, la Commission européenne et les Etats membres doivent élaborer des plans pour la décontamination de l'eau, tout en appliquant le principe du pollueur payeur.
Nous restons à la disposition des journalistes pour toute demande d’information ou d’interview.
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