COMMUNIQUÉ
Paris, le 29/07/2026
HAUSSE DES ACCIDENTS MORTELS EN 2025 : « 40 MILLIONS D'AUTOMOBILISTES » APPELLE À ENFIN S'ATTAQUER AUX VÉRITABLES CAUSES DE L'ACCIDENTALITÉ.
Alors que l'Association des sociétés françaises d'autoroutes (ASFA) fait état d'une hausse des accidents mortels sur les autoroutes concédées en 2025, l'association « 40 millions d'automobilistes » appelle à replacer ces chiffres dans leur contexte. Malgré cette augmentation, l'autoroute demeure, de très loin, le réseau routier le plus sûr de France. En revanche, la hausse de la mortalité routière globale confirme, une nouvelle fois, que la politique actuelle de sécurité routière a atteint ses limites.
En 2025, 144 accidents mortels ont été recensés sur les autoroutes concédées, contre 114 en 2024. En parallèle, la mortalité routière globale poursuit sa progression avec 3 515 personnes tuées en 2025 (+2,4 %), confirmant une tendance déjà observée ces dernières années. Pour « 40 millions d'automobilistes », ces chiffres démontrent que la stratégie actuelle de sécurité routière ne parvient plus à produire les résultats attendus.
L’autoroute concédée reste le réseau le plus sécurisé
Les autoroutes concentrent près d'un quart du trafic routier national tout en enregistrant une part très faible de la mortalité routière. Cette performance s'explique par des infrastructures conçues pour limiter les risques : séparation des chaussées, absence de carrefours, entretien régulier, surveillance permanente et interventions rapides des services autoroutiers.
La hausse constatée en 2025 ne doit donc pas conduire à remettre en cause ce constat. Elle rappelle en revanche que même sur le réseau le plus sûr, les comportements dangereux peuvent avoir des conséquences dramatiques.
« Il ne faut pas tirer de conclusions hâtives. Oui, la mortalité augmente sur autoroute, mais celle-ci reste le réseau le plus sûr de France. Ce qui doit nous interpeller, c'est surtout la hausse générale de la mortalité routière, qui montre que la politique actuelle n'apporte plus les résultats espérés. », déclare Philippe NOZIÈRE, Président de l’association « 40 millions d’automobilistes ».
Les principales causes d’accidents sont parfaitement identifiées
Le bilan publié par l'ASFA est sans ambiguïté : pour la cinquième année consécutive, la première cause des accidents mortels sur autoroute est la consommation d'alcool, de stupéfiants ou de médicaments (23 %). Viennent ensuite la vitesse excessive (19 %), l'inattention, souvent liée à l'utilisation du téléphone portable ou d'équipements électroniques (17 %), puis la fatigue et la somnolence (16 %).
Autant de facteurs de risque connus depuis des années, mais qui continuent de faire des victimes faute d'une politique réellement orientée vers leur prévention. Dans le même temps, l'action publique continue de privilégier les dispositifs automatisés de contrôle de la vitesse, alors même que ces derniers ne ciblent qu'une partie limitée des comportements les plus accidentogènes.
Une politique de sécurité routière arrivée à bout de souffle
Pour l'association, il est désormais indispensable de sortir d'une logique essentiellement punitive pour construire une politique de sécurité routière davantage orientée vers l'efficacité.
« 40 millions d'automobilistes » appelle ainsi les pouvoirs publics à :
- renforcer les contrôles humains ciblant les comportements réellement dangereux
- développer des campagnes nationales de prévention ambitieuses et régulières
- consacrer une part plus importante des recettes issues des amendes à des actions concrètes de prévention et de contrôle sur le terrain
- mettre en place une politique de sécurité routière fondée sur des résultats objectivement évalués et non sur la seule multiplication des sanctions automatiques.
« Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Nous continuons d'investir massivement dans une politique centrée sur les radars alors que les principaux facteurs d'accidents mortels sont connus depuis longtemps. Tant que l'État refusera de renforcer les contrôles humains contre l'alcool, les stupéfiants, le téléphone au volant ou les autres comportements réellement dangereux, les résultats ne pourront pas s'améliorer durablement », estime Pierre CHASSERAY, Délégué Général de « 40 millions d'automobilistes ».
La hausse de la mortalité sur autoroute ne doit pas masquer l'essentiel : ce réseau demeure le plus sûr de France. En revanche, la progression de la mortalité routière à l'échelle nationale constitue un avertissement que les pouvoirs publics ne peuvent plus ignorer. Pour « 40 millions d'automobilistes », il est temps d'abandonner une politique qui montre aujourd'hui ses limites et de concentrer les moyens sur les véritables causes de l'accidentalité afin de sauver davantage de vies.