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HI/RAPPORT 2026 DE L'OBSERVATOIRE DES ARMES À SOUS-MUNITIONS
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Date : 04/09/2026 10:26
Thème(s) :  Social  ; 
 
 
 
 
Document(s) attaché(s) :
CP-armes-sous-mun-rapport-2026.pdf
 
Société communicante :
CLARA AMATI
[email protected]
 
Contact presse :
Clara Amati
[email protected]
     
Communiqué :

Communiqué de presse

Septembre 2026

 

 

 

RAPPORT 2026 DE L’OBSERVATOIRE DES ARMES A SOUS-MUNITIONS

Les civils restent les premières victimes des armes à sous-munitions armes interdites depuis 2008

Lyon, le 4 septembre 2026. Le rapport 2026 de l’Observatoire des armes à sous-munitions, publié le 8 septembre prochain, révèle que le nombre de victimes de cette arme reste très élevé : 1 063 personnes tuées ou blessées en 2025 – l’un des totaux annuels les plus élevés enregistrés par le Monitordont 87 % de civils. L'Ukraine enregistre l’écrasante majorité du nombre de victimes de ces armes interdites : 87 % du total mondial. Les États se réuniront à l'occasion de la troisième Conférence d'examen de la Convention d’Oslo[1], du 14 au 18 septembre à Vientiane, au Laos. Dans un contexte où la convention est fragilisée, suite au retrait inédit de la Lituanie de la Convention, Handicap International les invite à fermement réaffirmer leur engagement.


Notes aux rédactions :

. Le rapport est sous embargo jusqu’au 8 septembre – 15h (heure de Genève).

. Les responsables plaidoyer de HI se tiennent disponibles pour répondre à des interviews. Pour toute demande merci de contacter Clara Amati.


Une évolution préoccupante en 2025 

L’Observatoire des armes à sous-munitions 2026 fait état d'un niveau extrêmement préoccupant de dommages causés aux civils par les armes à sous-munitions :

-          1 063 victimes recensées dans le monde pour la seule année 2025. Il s’agit du deuxième bilan annuel le plus élevé depuis 16 ans (l’Observatoire a débuté la collecte des données en 2009). 

-          Les civils ont représenté 87% des victimes recensées en 2025. Les enfants restent particulièrement vulnérables face aux sous-munitions non explosées.  

-          Des victimes d'attaques d'arme à sous-munitions (946) et de restes explosifs (117) ont été recensées dans neuf pays en 2025: Afghanistan, Cambodge, Irak, Laos, Liban, Myanmar, Russie, Syrie et Ukraine.  

-          Au total, 27 pays et 2 autres territoires restent contaminés par des restes d'armes à sous-munitions, et deux zones supplémentaires sont soupçonnées de l'être.

« Chaque année, les civils représentent la grande majorité des victimes. On peut être victime d'une arme à sous-munitions pendant une attaque ou longtemps après la fin des combats, car de nombreuses sous-munitions n'explosent pas à l'impact. Ces restes explosifs ont les mêmes effets que les mines antipersonnel, continuant à tuer ou mutiler des civils — en particulier des enfants — pendant des années. Les États qui utilisent ces armes aujourd'hui, qu'ils aient ou non rejoint la Convention, doivent être condamnés sans équivoque. Le retrait de la Lituanie de la Convention en 2025 a fragilisé les normes humanitaires en matière de désarmement. Les États réunis à la troisième Conférence d'examen au Laos, du 14 au 18 septembre, doivent réaffirmer leur engagement ferme envers le traité et leur condamnation de toute utilisation par tout État. » Anne Héry, directrice du plaidoyer de HI 

Une écrasante majorité de victimes en Ukraine

Pour la quatrième année consécutive, l'Ukraine enregistre le plus grand nombre de victimes, reflet de l'utilisation continue et dévastatrice de ces armes dans les zones de conflit.

 

Le pays a recensé au moins 927 victimes d'armes à sous-munitions en 2025, soit 87 % du total mondial. En majorité, les accidents ont été causées par des attaques directes (et non en raison de la présence de restes explosifs).

 

« Une force soudaine, terrible et invisible m'a fait tomber, ainsi que tous ceux qui m'entouraient. Nous nous sommes tous effondrés au sol. Et au moment même où la frappe a eu lieu, un silence glacial et mortel s'est installé. Il y avait beaucoup de monde, mais personne ne criait, personne ne gémissait, pas une seule personne ne faisait le moindre bruit. (…) J'étais allongée par terre, incapable de comprendre ce qui m'était arrivé. (…) J'ai ramené mon sac contre moi et remis mon bonnet. Je portais une moufle. Je l'ai regardée — elle était complètement trempée. Mais il n'y avait d'eau nulle part ! J'ai commencé à chercher mes doigts à travers le tissu... mais ils n'étaient plus là. Mes doigts avaient tout simplement disparu à l'intérieur de la moufle. Le choc m'a envahie. Les éclats de la sous-munition avaient déchiqueté mon beau manteau — celui que j'avais gardé et si bien entretenu — le réduisant en lambeaux, et tous ces éclats avaient pénétré directement dans ma manche et dans tout mon corps. 

Extrait du témoignage de Lidiya survivante d’une attaque à l'arme à sous-munitions à Kharkiv.

La Convention est en danger

La Lituanie s'est officiellement retirée de la Convention sur les armes à sous-munitions, avec effet à partir de mars 2025. Cette décision survient dans un contexte d'érosion progressive et inacceptable des normes internationales ces dernières années.

L’Observatoire 2026 recense en outre 18 pays producteurs (ou États qui se réservent le droit de l'être) d'armes à sous-munitions : Brésil, Chine, Égypte, Grèce, Inde, Iran, Israël, Myanmar, Corée du Nord, Pakistan, Pologne, Roumanie, Russie, Singapour, Corée du Sud, Turquie, Ukraine et États-Unis. Les preuves les plus récentes de production en 2026 concernent la Chine, l'Inde, Israël, la Corée du Nord, la Roumanie, la Russie et la Corée du Sud.

Alarmée par les dommages causés par les armes à sous-munitions à court et long terme, dans un contexte où les civils sont de plus en plus pris pour cible dans les conflits armés, Handicap international exhorte les Etats parties à réaffirmer leur engagement envers la Convention lors de la prochaine Conférence d'examen, du 14 au 18 septembre au Laos[2].

L’importance de la Convention d’Oslo

La Convention d’Oslo signée en 2008 par XX pays consacre le bannissement des sous-munitions. Ces armes, désormais interdites car elles tuent et mutilent principalement des civiles font l’objet d’un suivi attentif par l’Observatoire des armes à sous-munitions.

Les Etats Parties ont interdiction d’utiliser des mines, d’en vendre ou d’en acheter et obligation de détruire leur stock et de dépolluer les sols contaminés.

 

-          À ce jour, 112 États sont pleinement parties à la Convention, avec 12 signataires supplémentaires — soit 124 États au total engagés envers les normes strictes et globales de la Convention (cela représente 60 % des nations du monde).

-          Les États parties contaminés par des restes d'armes à sous-munitions ont dépollué 113,98 km² de zones dangereuses grâce au déminage et aux enquêtes de terrain en 2025, soit une hausse de plus de 15 % par rapport à 2024.

-          La dépollution des terres a permis la destruction d'au moins 64 898 restes de sous-munitions en 2025, contre 83 452 en 2024, alors même que la superficie des terres dépolluées a augmenté. 

La Conférence d’Examen qui se tiendra à Ventiane du 14 au 18 septembre prochains est l’occasion pour les Etats de présenter le bilan de leur action des 5 dernières années en matière de lutte contre les sous-munitions et de prendre des engagements à travers un plan d’action pour les 5 prochaines. Organisée tous les 5 ans, les conférences d’Examen sont des moments clés pour les ONG et les Etats engagés contre les sous-munitions, car au-delà de l’engagement des Etats, ces conférences sont aussi l’occasion de rappeler que rien de saurait justifier l’utilisation de ces armes interdites.  

 

 

A propos de Handicap International

Handicap International est une association de solidarité internationale indépendante, qui intervient depuis plus de 40 ans dans les situations de pauvreté et d’exclusion, de conflits et de catastrophes. Œuvrant aux côtés des personnes handicapées et vulnérabilisées, elle agit et témoigne pour répondre à leurs besoins essentiels et améliorer leurs conditions de vie. Elle s’engage à promouvoir le respect de leur dignité et de leurs droits fondamentaux. Depuis sa création en 1982, Handicap International a mis en place des programmes de développement dans plus de 60 pays et intervient dans de nombreuses situations d’urgence. Le réseau de 8 associations nationales (Allemagne, Belgique, Canada, États-Unis, France, Luxembourg, Royaume-Uni et Suisse) œuvre de manière constante à la mobilisation des ressources, à la cogestion des projets et au rayonnement des principes et actions de l’organisation. Handicap International est l’une des six associations fondatrices de la Campagne internationale pour interdire les mines (ICBL), co-lauréate du prix Nobel de la paix en 1997 et lauréate du Prix Conrad N. Hilton 2011. Handicap International agit et témoigne partout où « vivre debout » ne va pas de soi.

 

 


[1] Désigne la Convention sur les armes à sous-munitions, adoptée en mai 2008, et ouverte à la signature les 3 et 4 décembre 2008. Elle est officiellement entrée en vigueur le 1er août 2010.

[2] Le Laos est un pays qui abrite encore des millions de restes d'armes à sous-munitions utilisées il y a plusieurs décennies.

   
   
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