COMMUNIQUÉ
Paris, le 25/09/2026
CARBURANTS : « IL NE FAUT PLUS ATTENDRE », « 40 MILLIONS D’AUTOMOBILISTES » EXIGE UNE BAISSE DES TAXES ET APPELLE À POURSUIVRE LA MOBILISATION
Alors que les prix des carburants restent à des niveaux particulièrement élevés, Emmanuel Macron a déclaré ce jeudi 24 septembre qu’une baisse des taxes n’était pas exclue si la flambée des prix se poursuivait. Le Président de la République a toutefois indiqué que sa priorité était d’abord de faire baisser les prix par d’autres moyens, notamment en agissant sur les tensions géopolitiques et l’approvisionnement.
Pour « 40 millions d’automobilistes », si la situation internationale contribue effectivement à la hausse des cours, elle ne peut pas constituer l’unique explication du prix payé par les automobilistes à la pompe. L’association rappelle que la fiscalité française représente une part considérable du prix du carburant et que les certificats d’économies d’énergie (CEE), auxquels s’ajoutent notamment l’accise et la TVA, pèsent directement sur chaque litre acheté.
« Le problème n’est pas seulement à Ormuz, il est aussi à Bercy »
« La cause de tout ça, ce sont les circonstances géopolitiques », a déclaré Emmanuel Macron au cours de son interview. Le Président a également rappelé que les prix étaient encore autour de 1,90 euro le litre à la fin du mois d’août, avant qu’il y ait une tension accrue sur Ormuz et en Arabie saoudite.
Pour « 40 millions d’automobilistes », cette présentation ne doit pas conduire à occulter le poids de la fiscalité française.
« Le problème n’est pas seulement le détroit d’Ormuz, c’est aussi le détroit de Bercy. Bien sûr que les tensions internationales ont un impact sur les prix du pétrole. Mais lorsqu’on parle du prix payé par l’automobiliste, il faut regarder l’ensemble de la facture. Les CEE peuvent à eux seuls représenter près de 18 centimes par litre, auxquels s’ajoutent l’accise et la TVA. Au total, ce sont environ 60 % du prix d’un plein qui repartent dans les caisses publiques. On ne peut donc pas expliquer toute la hausse par la seule géopolitique », affirme Philippe NOZIÈRE, Président de « 40 millions d’automobilistes ».
L’association conteste également l’idée selon laquelle un litre à 1,90 euro constituerait un niveau de prix acceptable. Pour les automobilistes, notamment ceux qui n’ont pas d’alternative à la voiture pour travailler ou accéder aux services essentiels, cette référence reste déjà particulièrement élevée.
« Présenter 1,90 euro le litre comme une situation normale est difficilement acceptable pour les automobilistes. Le prix a encore augmenté depuis, mais même à 1,90 euro, le plein représente déjà une dépense considérable pour des millions de Français. Il ne faut pas attendre que le litre atteigne 3 euros pour considérer que la situation devient urgente », poursuit Philippe NOZIÈRE.
« Ma priorité, c’est de baisser les prix » : il faut agir sur tous les leviers
« Ma priorité, c’est vraiment de baisser les prix », a déclaré Emmanuel Macron, estimant qu’il fallait d’abord agir sur les causes géopolitiques de la hausse avant d’envisager une baisse des taxes. Il a également affirmé que le Gouvernement « ne reste pas les bras ballants » et qu’il mettait en place des mesures ciblées pour accompagner les Français et les secteurs les plus exposés.
« On nous explique qu’il faut d’abord attendre une amélioration de la situation internationale pour faire baisser les prix. Mais les automobilistes, eux, paient aujourd’hui le prix fort. Les aides ciblées ne font pas disparaître la fiscalité qui s’applique à chaque plein. Si le Gouvernement veut réellement agir sur le prix payé par les Français, il doit utiliser tous les leviers dont il dispose, y compris le levier fiscal », déclare Pierre CHASSERAY, Délégué Général de « 40 millions d’automobilistes ».
Le Président de la République a également mis en avant le plafonnement des prix pratiqué par TotalEnergies, présenté comme un dispositif permettant de limiter la hausse pour les consommateurs. Emmanuel Macron a notamment cité un prix de 1,99 euro pour l’essence et de 2,15 euros pour le diesel. Or, le plafond annoncé par TotalEnergies pour le gazole s’établit désormais à 2,25 euros le litre.
« Là encore, il faut regarder la réalité des prix affichés dans les stations. Parler d’un diesel plafonné à 2,15 euros alors que le plafond est aujourd’hui de 2,25 euros montre surtout à quel point le débat est éloigné du quotidien des automobilistes. Et surtout, le plafonnement d’un opérateur ne peut pas constituer une politique durable du prix des carburants pour l’ensemble des Français », ajoute Pierre CHASSERAY.
« On ne va pas laisser les prix s’envoler » : pourtant, certaines stations ont déjà atteint les 2,99€/L
Emmanuel Macron a de plus estimé qu’il ne fallait pas « mettre les Français dans des scénarios cauchemardesques », notamment autour d’un éventuel litre à 3 euros. Pourtant, certaines stations ont déjà affiché des prix proches de ce niveau, avec notamment du gazole à 2,999 euros le litre.
Cette réalité illustre l’urgence d’agir avant que la hausse ne se diffuse davantage : « Le litre à 3 euros n’est pas un scénario de science-fiction. Des stations ont déjà affiché du gazole à 2,999 euros. Les automobilistes n’ont pas besoin qu’on leur explique que cette situation serait catastrophique : certains la vivent déjà. Lorsque la consommation de carburant s’effondre en quelques jours parce que les Français réduisent leurs déplacements, c’est aussi un signal qu’il faut entendre », poursuit Pierre CHASSERAY.
Baisser les taxes : une dépense pour l’État, mais aussi un soutien au pouvoir d’achat et à l’économie
Emmanuel Macron a rappelé qu’une baisse de 20 centimes de la fiscalité sur les carburants représenterait, selon lui, un manque à gagner d’environ 1 milliard d’euros sur un mois. Il a également souligné que les taxes financent les dépenses de l’État, des collectivités et de la Sécurité sociale.
Le raisonnement ne peut toutefois pas se limiter au coût budgétaire immédiat d’une baisse de fiscalité.
« Chaque euro qui n’est pas dépensé dans les taxes sur le carburant est un euro qui peut être consacré à autre chose : à la consommation, aux dépenses du quotidien, aux déplacements professionnels ou aux activités économiques. Lorsque les Français réduisent leurs déplacements parce qu’ils ne peuvent plus payer leur plein, c’est aussi l’économie française qui en subit les conséquences. La question doit donc être posée dans les deux sens : combien coûte une baisse de taxes, mais aussi combien coûte à l’économie une population qui ne peut plus se déplacer ? », analyse Pierre CHASSERAY.
« Balancetonplein.fr » : la mobilisation continue
Face à cette situation, « 40 millions d’automobilistes » appelle les automobilistes à poursuivre leur mobilisation dans le cadre de son opération nationale « Balance ton plein ».
Alors que le débat sur une éventuelle baisse des taxes revient désormais au plus haut niveau de l’État, « 40 millions d’automobilistes » appelle les automobilistes à poursuivre leur mobilisation dans le cadre de son opération nationale « Balance ton plein ». Chaque participant peut renseigner son code postal ou sa commune sur la plateforme afin d’apparaître sur la carte de France de la mobilisation.
« Le Président de la République dit aujourd’hui qu’il ne faut rien exclure. Nous lui répondons qu’il ne faut surtout pas exclure la baisse des taxes. Il faut même la décider. Et pour que cette demande reste au cœur du débat, nous devons continuer à nous mobiliser. Chaque automobiliste peut participer à « Balance ton plein » et montrer concrètement l’ampleur de la mobilisation face au prix du carburant. », conclut Pierre CHASSERAY.
Chaque automobiliste peut dès maintenant rejoindre la carte de France et faire entendre sa voix. Pour participer cliquez-ici.