Sondage national
Communiqué de presse (écrit avec une IA ou pas ?)
Écrire trop bien devient-il suspect ?
14 % des étudiants ajoutent volontairement des fautes dans leurs textes pour les faire paraître plus humains
79 % des Français interrogés disent que l’IA a changé leur façon de juger un texte
92 % des étudiants utilisent l’IA pour écrire…
…tout comme 74 % des enseignants
PARIS — 28 SEPTEMBRE 2026
L’IA bouleverse-t-elle notre perception d’un texte écrit par un être humain ?
Nation.fr a mené l’enquête auprès de 4 202 personnes qualifiées d’élèves, étudiants et d’enseignants afin de comprendre jusqu’où le soupçon s’est installé dans notre rapport à l’écriture.
Peut-on encore très bien écrire sans éveiller de méfiance ou de soupçon ? Faut-il désormais passer son propre texte dans un détecteur avant de le rendre ?
Une enquête qui révèle un nouveau paradoxe : après avoir bouleversé notre manière d’écrire, l’IA est en train de changer notre définition même de ce qui paraît humain ou pas.
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Chez Nation.fr, nous avons développé un assistant IA très utilisé par nos membres baptisé « Victor, le détecteur d’IA ». Il suffit de lui soumettre un texte et il indique si selon lui il a été rédigé par une IA. Nous avons analysé plusieurs milliers d’utilisations de notre détecteur, et un profil s’est nettement dégagé : près d’une conversation active sur trois (30 %) relève clairement d’un contexte scolaire, universitaire ou de formation (devoirs, mémoires, rapports de stage, dissertations, etc.). Mais ce qui nous a encore plus surpris, c’est ce que ces utilisateurs viennent chercher exactement.
Ils ne veulent pas tricher, ils veulent savoir si leur propre écriture risque de passer pour celle d’une IA. Parmi ces échanges académiques, près de 4 sur 10 (38 %) expriment une inquiétude liée à la détection, au soupçon ou au regard d’un professeur. Avec des requêtes du genre «va-t-on croire que j’ai utilisé ChatGPT ? ». Tandis que moins d’1 sur 10 (9 %) seulement évoque explicitement la triche, le plagiat ou une sanction. Autrement dit, la peur de paraître artificiel a pris le pas sur la peur d’être accusé.
Avec cette enquête, nous avons donc voulu savoir si en dehors de notre plateforme les étudiants et enseignants avaient les mêmes pratiques.
Emmanuel FRANCOISE — fondateur de Nation.fr
● L’IA générative est déjà un réflexe d’écriture
Au total, près de 7 personnes sur 10 (69 %) utilisent l’IA très souvent ou de temps en temps, et 83 % l’utilisent au moins occasionnellement. Côté étudiants, l’usage est beaucoup plus important : 43 % l’emploient « très souvent », soit plus du double des enseignants (19 %) qui sont davantage dans la modération avec 36 %.
Pour vos devoirs, études, rapports, mémoires ou travaux écrits, utilisez-vous une IA générative comme ChatGPT, Gemini, Claude, Mistral ou une autre ?
Réponses
Total
Etudiants
Enseignants
Oui, très souvent
31 %
43 %
19 %
Oui, de temps en temps
38 %
40 %
36 %
Oui, mais rarement
14 %
9 %
Non, jamais
11 %
5 %
17 %
Je préfère ne pas répondre
6 %
3 %
■ Total ■ Étudiants ■ Enseignants Réponse dominante de chaque groupe en surbrillance.
● Le nouveau syndrome de l’imposteur
Même en restant totalement intègre, près d’un répondant sur deux (47 %) redoute que son propre texte soit pris pour une production issue de l’intelligence artificielle. Chez les étudiants, la crainte est encore plus forte et grimpe à 61 %.
Quand vous rendez un texte totalement personnel, vous arrive-t-il de craindre qu’on le prenne pour un texte généré par une IA ?
Oui, plusieurs fois
29 %
20 %
Oui, une fois
18 %
23 %
Non, mais j’y ai déjà pensé
27 %
25 %
10 %
24 %
Je ne me suis jamais posé la question
4 %
13 %
● Trop parfait pour être humain
Bien écrire n’a jamais autant éveillé les soupçons. En effet, pour 49 % des personnes interrogées, c’est un style trop lisse qui trahit une IA, juste devant les phrases trop bien construites ou uniformes (45 %).
Selon vous, qu’est-ce qui risque le plus de faire passer un texte pour « écrit par une IA » ?
Choix multiple, 2 réponses max.
Un style trop lisse, trop propre
49 %
55 %
Des phrases trop bien construites ou trop uniformes
45 %
42 %
48 %
Un vocabulaire trop soutenu ou trop « parfait »
Un manque de personnalité ou d’aspérités
39 %
35 %
Des tournures qu’on retrouve partout
28 %
Je ne saurais pas dire
12 %
15 %
● Le nouveau réflexe de l’auto-contrôle
Il existe désormais une nouvelle étape dans le processus de rédaction : un répondant sur deux (51 %) a déjà soumis son propre texte à un détecteur avant de le rendre. C’est un réflexe quasi systématique chez les étudiants (65 %) et qui est également très présent chez les enseignants (37 %).
Avez-vous déjà soumis l’un de vos propres textes à un détecteur d’IA avant de le rendre, de l’envoyer ou de le publier pour voir s’il pouvait paraître suspect ?
Oui, régulièrement
Oui, une seule fois
16 %
22 %
Je ne savais pas que ces outils existaient
● La crainte de l’accusation
Chez les étudiants, 54 % cherchent d’abord à s’assurer qu’aucun correcteur ne les croira « assistés par IA ». Pour les enseignants, 30 % veulent juste vérifier que leur texte ne ressemble pas à une production issue de l’intelligence artificielle. Au global, c’est éviter une accusation de triche (39 %) qui domine toutes les motivations.
Avez-vous déjà, ou pourriez-vous utiliser un détecteur de texte IA sur votre propre texte et pour quelles raisons ?
3 réponses maximum.
Vérifier qu’un professeur ou un correcteur ne risque pas de penser que j’ai utilisé une IA
54 %
Vérifier simplement si mon texte « fait IA »
33 %
30 %
Comprendre pourquoi certaines parties semblent avoir été écrites par une IA
Comparer plusieurs versions d’un même texte
Rendre mon texte plus naturel ou plus personnel
Me rassurer avant de rendre ou envoyer mon texte
Éviter une accusation de triche ou de plagiat
50 %
Par curiosité
Je n’en utiliserais pas
● La faute devient une stratégie pour paraître plus humain
Pour éviter d’être trop parfaits, 25 % des personnes interrogées simplifient leurs phrases et près d’un étudiant sur 7 (14 %) glisse volontairement des fautes dans leurs textes. Heureusement, l’imperfection n’est pas la nouvelle stratégie des enseignants qui sont 65 % à refuser de modifier volontairement leurs textes (29 % jamais, 19 % ne se sont pas posé cette question mais 17 % ont quand même envisagé de le faire).
Vous est-il déjà arrivé de modifier volontairement un texte que vous aviez vous-même rédigé pour qu’il paraisse plus humain ou qu’il soit moins susceptible d’être pris pour un texte généré par une IA ?
Plusieurs réponses possibles — 3 maximum.
Oui, j’ai simplifié certaines phrases
Oui, j’ai utilisé des mots moins soutenus ou moins parfaits
7 %
Oui, j’ai modifié des formulations qui me semblaient trop typiques de ChatGPT ou d’une IA
Oui, j’ai ajouté davantage d’exemples, d’expériences ou d’opinions personnelles
8 %
Oui, j’ai rendu volontairement mon style plus spontané ou moins lisse
Oui, j’ai comparé ou testé plusieurs versions de mon texte
Oui, j’ai rajouté des fautes mineures pour le rendre imparfait
Non, mais j’ai déjà envisagé de le faire
21 %
● Le doute plane…
Désormais, tout texte sera considéré comme suspect. En effet, 79 % reconnaissent que l’IA a changé leur manière de juger un texte. En première ligne, 81 % des enseignants sont les plus méfiants (42 % « beaucoup plus » et 39 % « un peu ») mais guère plus que les étudiants à 78 %.
Globalement, diriez-vous que l’IA a changé votre façon de juger si un texte est humain ou pas ?
Oui, je suis devenu(e) beaucoup plus méfiant(e)
34 %
Oui, un peu
41 %
44 %
Non, cela ne me préoccupe pas du tout
Je ne sais pas
C’est peut-être le vrai bouleversement. L’IA ne change pas seulement la manière dont nous rédigeons : elle change également la manière dont nous jugeons un texte et s’il est vraiment humain. Écrire trop bien, trop proprement, trop uniformément peut désormais éveiller les soupçons. C’est une norme stylistique et un rapport à l’écrit entièrement nouveaux qui émergent.
● MÉTHODOLOGIE
Enquête réalisée en ligne (CAWI) du 10 au 18 septembre 2026 auprès de 4 202 répondants âgés de 15 ans et plus, issus de l’univers de l’enseignement, des études ou de la formation.
L’échantillon comprend 3 198 répondants regroupés sous la catégorie « Étudiants » : 671 lycéens, 812 étudiants en licence/BTS/BUT, 585 en master, 216 doctorants et 914 personnes en alternance ou en formation professionnelle, ainsi que 1 004 enseignants ou formateurs regroupés sous la catégorie « Enseignants ».
Les résultats globaux ont été redressés à parts égales entre les deux populations afin de pouvoir les comparer, soit 50 % « Étudiants » et 50 % « Enseignants ».
Les participants ont été recrutés via le panel BuzzPress France de 27 700 personnes, complété par des invitations électroniques et des sollicitations sur Facebook et LinkedIn. L’échantillon a été structuré selon une méthode de quotas et redressé selon plusieurs critères, notamment le sexe, l’âge, la région et le statut.
Des contrôles de cohérence et d’unicité ont été appliqués avant traitement. Pour les questions à réponses multiples, le total peut dépasser 100 %.
L’enquête reposant sur un échantillon constitué en ligne et non sur un tirage probabiliste, les résultats doivent être considérés comme des indicateurs de pratiques et de perceptions des populations interrogées.
● À PROPOS DE NATION.FR
Créée par Emmanuel Françoise, Nation.fr est une plateforme française d’intelligence artificielle générative conçue pour rendre l’IA simple, utile et accessible au quotidien. Nation.fr propose notamment des outils de chat IA, des assistants personnalisés, l’analyse de PDF et d’images, ainsi que de nombreux outils gratuits dédiés à la productivité, à la rédaction, à l’apprentissage et à l’automatisation.
Basée à Paris et Rennes, l’équipe de Nation.fr réunit des expertises en intelligence artificielle, technologie, marketing conversationnel, expérience client et opérations.
Pour plus d’informations : Nation.fr.
CONTACT PRESSE Gildas Piquet-Friboulet · [email protected] · 06 19 93 58 32
Sondage national Nation.fr · Perception des textes humains vs IA · Septembre 2026