Relancer les projets utiles pour mieux vivre dans le Cantal
Alors que l'activité des Travaux Publics se contracte fortement, les entreprises du secteur appellent à maintenir une dynamique de projets utiles, adaptés aux besoins des habitants et aux défis climatiques du territoire. (cliquer sur photo)
Se déplacer en sécurité, disposer d'une eau de qualité, accéder aux services publics, protéger les habitations face aux inondations, sécuriser une route ou entretenir un pont : les infrastructures sont au cœur de la vie quotidienne.
Dans le Cantal, les besoins restent nombreux pour entretenir l’existant, accompagner les transformations du territoire et répondre aux effets déjà visibles du changement climatique.
Dans un contexte marqué par un fort ralentissement de la commande publique et de l'activité des Travaux Publics, La Fédération des Travaux Publics appelle à remettre les projets utiles aux habitants au centre des décisions publiques. L’enjeu n’est pas de dépenser davantage, mais de prioriser, programmer et engager des investissements indispensables, avant que les retards d’entretien ne deviennent plus coûteux pour la collectivité.
Chaque jour, les habitants du Cantal utilisent des infrastructures qu’ils ne voient parfois plus :
Patrick Bergheaud Président TP Cantal de la Fédération régionale des Travaux Publics Auvergne-Rhône-Alpes et Marie-Amandine Siquier, présidente Les Entrepreneurs (ex CPME) du Cantal.
Les Travaux Publics ne peuvent donc pas être abordés sous une seule approche technique ou financière. Ils appellent une attention particulière, simplement parce que sans eux, certains de nos besoins fondamentaux ne seraient plus garantis.
Face à la situation budgétaire de la France et des collectivités locales, il ne s’agit pas ici de construire de nouveaux équipements. Il faut avant tout entretenir, moderniser et adapter ce qui existe déjà.
Le département compte près de 6 500 kilomètres de voiries communales et intercommunales, tandis que 16 % des ouvrages d'art présentent des problématiques de sécurité. Le développement des mobilités offre également des perspectives, avec 154 kilomètres d'aménagements cyclables et seulement 19 points de recharge pour véhicules électriques pour 10 000 habitants, très loin de l'objectif national fixé à 60 points d'ici 2030.
Mais les sujets de l'eau et de l'assainissement constituent probablement les enjeux les plus structurants pour les prochaines années.
Le Cantal dispose de plus de 6 000 kilomètres de réseaux d'eau potable, mais près de 28 % de l'eau distribuée est aujourd'hui perdue dans les réseaux. À ce rythme, il faudrait encore 174 ans pour renouveler intégralement les canalisations existantes. Le département compte également 367 stations d'épuration dont 29% ont plus de 30 ans, alors même que les exigences de traitement des eaux usées continuent de se renforcer.
À l'heure où les périodes de sécheresse se multiplient et où la gestion de la ressource devient un sujet central pour les collectivités, la modernisation des réseaux d'eau et d'assainissement représente un investissement indispensable pour les habitants comme pour les activités économiques du territoire.
Canicules, sécheresses, incendies, épisodes pluvieux intenses, mouvements de terrain… La liste des effets visibles du changement climatique dans chacun des territoires est longue.
Aujourd'hui, dans le Cantal, 65 % de la population vit dans une commune exposée à un risque d'inondation et 46 % dans une commune concernée par des mouvements de terrain. Les températures moyennes ont augmenté de 2,6 °C en quarante ans et 60 % des maisons se situent dans des secteurs exposés au phénomène de retrait-gonflement des argiles.
Face à ces évolutions, les infrastructures jouent un rôle déterminant : gestion des eaux pluviales, sécurisation des ouvrages, maintien de la qualité de service des réseaux et protection des populations.
Les projets engagés aujourd'hui permettront de réduire la vulnérabilité de nos territoires demain. L’adaptation climatique ne se décrète pas : elle se construit, réseau par réseau, ouvrage par ouvrage, territoire par territoire.
Quelques exemples concrets de l’action de Travaux Publics dans le Cantal :
Sécurisation routière : Créneaux de dépassement sur la RD 922 entre Aurillac et Mauriac
Préservation de la ressource en eau : Programme pluriannuel de renouvellement des canalisations d’eau potable à Mauriac
Energies renouvelables : Parc photovoltaïque à Drugeac
La capacité du territoire à réaliser ses projets repose aussi sur un tissu d’entreprises de Travaux Publics locales et compétentes, partie intégrante de l’économie du département. Les Travaux Publics cantaliens représentent une quarantaine d’entreprises et près de 1200 emplois non délocalisables : autant d’hommes et de femmes qui habitent et font vivre nos communes.
Pourtant, alors même que les besoins d’investissements demeurent considérables, le ralentissement de la commande publique fragilise aujourd’hui ces emplois et les compétences indispensables à la réalisation des projets futurs.
Au niveau national, l'activité des Travaux Publics recule de 7,4 % depuis le début de l'année et les prises de commandes chutent de plus de 22 %. En Auvergne-Rhône-Alpes, le volume des appels d'offres diminue de 28,2 %.
Dans le Cantal, les données de la commande publique font apparaître une baisse de l'ordre de 23 % du nombre d'appels d'offres sur les huit premiers mois de 2026 par rapport à 2025.
Pour rappel, le précédent ralentissement de 2014 à 2016 s’était accompagné d’une perte d’environ 16 % d’activité et de près de 30 000 emplois permanents et intérimaires, au niveau national.
« Notre message n'est pas de défendre des chantiers pour les chantiers. Nous alertons sur un risque plus large et collectif : lorsqu'un territoire reporte durablement ses investissements dans l'eau, les routes ou l'adaptation climatique, ce sont les habitants qui en subissent les conséquences à terme. »
Patrick BERGHEAUD
Président TP Cantal
Fédération régionale des Travaux Publics Auvergne-Rhône-Alpes
Trois leviers pour éclaircir l’horizon
La Profession des Travaux Publics appelle à maintenir une dynamique de projets utiles, au bénéfice des habitants et des territoires. Dans le Cantal, les besoins sont identifiés : améliorer la performance des réseaux d'eau, moderniser les infrastructures routières, développer les mobilités de demain, adapter les territoires au changement climatique et moderniser les infrastructures d'assainissement tout en renforçant la résilience face aux inondations, aux mouvements de terrain et aux incendies de forêt.
Nos attentes sont simples :
1. Donner de la visibilité
Établir une programmation pluriannuelle des projets, même lorsque les travaux ne peuvent pas tous démarrer immédiatement.
2. Prioriser les investissements utiles
Concentrer les moyens sur les infrastructures présentant un bénéfice concret pour les habitants : eau, sécurité, mobilités, adaptation climatique, accès aux services et entretien du patrimoine.
3. Accélérer les projets prêts à démarrer
Identifier les opérations déjà étudiées, autorisées ou programmées qui pourraient entrer rapidement en phase de réalisation.
Les entreprises de Travaux Publics sont prêtes à accompagner les collectivités dans cette ambition. Parce qu'investir dans les infrastructures, c'est avant tout investir dans la qualité de vie, l'attractivité et la résilience de nos territoires.
La FRTP AURA, syndicat professionnel, représente 1 630 entreprises sur les 12 départements, spécialisées dans les travaux routiers, le terrassement, les travaux d’installation de réseaux électriques et de réseaux de canalisations, le génie civil et qui emploient 41 700 salariés.
Véritable outil de proximité, la délégation départementale du Cantal de la FRTP AURA assure l’animation syndicale auprès d’une vingtaine d’entreprises locales et porte diverses actions, notamment avec les décideurs publics du territoire.
SAVEREUX RP I Rodolphe SAVEREUX, [email protected], 06 73 99 96 74 FRTP Auvergne-Rhône-Alpes I Cindy BOCHARD, [email protected], 06 45 85 70 56