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DÉRÈGLEMENT CLIMATIQUE : LES POISSONS MIGRENT DAVANTAGE VERS LES PROFONDEURS QUE VERS LES PÔLES
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Date : 28/10/2026 13:30
Thème(s) :  Agroalimentaire  ;  Environnement  ;  Sciences & Techniques  ; 
 
 
Résumé :  Une étude pilotée par l?Ifremer dans le cadre du projet MAESTRO montre que le dérèglement climatique modifie la répartition des poissons sans entraîner systématiquement leur déplacement vers les pôles. 60 % des populations étudiées se déplacent vers des eaux plus profondes.
 
Document(s) attaché(s) :
Communique-de-presse-projet-MAESTRO.pdf
 
Société communicante :
Ifremer
[email protected]
 
     
Communiqué :

 

Dérèglement climatique : les poissons migrent davantage vers les profondeurs que vers les pôles

Face au réchauffement de l’Océan, l’hypothèse la plus souvent soutenue est celle d’un déplacement des espèces marines vers les pôles. Une étude pilotée par l’Ifremer dans le cadre du projet MAESTRO montre toutefois que le dérèglement climatique modifie la répartition des poissons sans entraîner systématiquement leur déplacement vers les pôles. L’analyse de près de 93 000 traits de chalut, couvrant 607 espèces de poissons et 40 ans de données, révèle qu’environ 60 % des populations étudiées se déplacent vers des eaux plus profondes, tandis que les déplacements vers le nord et vers le sud sont globalement équilibrés. Ces résultats, publiés dans Nature Communications, soulignent la nécessité d'intégrer pleinement la profondeur dans les modèles scientifiques pour mieux anticiper l'évolution des écosystèmes et adapter les stratégies de gestion des ressources marines. 

LES POPULATIONS DE POISSONS SE DÉPLACENT MAJORITAIREMENT VERS LES PROFONDEURS

Pour comprendre comment les poissons réagissent aux évolutions de leur environnement, les scientifiques ont analysé des données issues de 21 programmes de campagnes scientifiques de chalutage de fond, menés entre 1983 et 2019 dans l’Atlantique Nord-Est et en Méditerranée par plusieurs instituts européens dont l’Ifremer.

L’étude porte sur 92 961 traits de chalut, répartis sur environ 4,8 millions de km² du plateau continental européen. Elle couvre 607 espèces de poissons et permet de suivre l’évolution de leur répartition au cours des quatre dernières décennies.

Les résultats montrent une tendance nette au déplacement vers des eaux plus profondes : 60 % des populations étudiées ont vu leur profondeur moyenne de répartition augmenter aussi bien en Atlantique Nord-Est qu’en Méditerranée. À l’échelle des espèces, parmi celles dont le déplacement est considéré comme significatif, 76 % se sont déplacées vers des eaux plus profondes. La profondeur de répartition augmente ainsi de 18 mètres par décennie. Il s’agit ici d’une moyenne de toutes les populations étudiées.

Concernant les déplacements latitudinaux, les résultats montrent une répartition presque équilibrée avec 49 % des populations qui se sont déplacées vers le nord et 51 % qui se sont déplacées vers le sud. En Méditerranée, 60% des populations se déplacent néanmoins vers le sud.

« Ces résultats montrent l’importance de considérer les trois dimensions de l’espace marin pour comprendre et anticiper les effets du dérèglement climatique, » explique Arnaud Auber, chercheur en écologie à l’Ifremer. 

DES DÉPLACEMENTS QUI DÉPENDENT DE MULTIPLES FACTEURS

Les déplacements observés ne s’expliquent pas seulement par l’évolution de la température mais résultent d’une combinaison de facteurs environnementaux (topographie, disponibilité alimentaire) et de caractéristiques propres aux espèces. Les poissons peuvent ainsi modifier leur répartition pour retrouver des conditions plus favorables à leur développement, notamment en matière de température, de salinité, d’oxygène dissous ou de disponibilité alimentaire.

Les caractéristiques biologiques des espèces jouent également un rôle. Les espèces à croissance lente, à longue durée de vie ou situées à des niveaux trophiques élevés ont notamment eu davantage tendance à se déplacer vers des eaux plus profondes.

L’étude montre par ailleurs que l’évolution de la pression de pêche a pu contribuer aux variations de l’emprise spatiale et de l’abondance de certaines populations, sans pour autant constituer un facteur explicatif majeur des changements d’aire de répartition au regard de l’ensemble des facteurs environnementaux et biologiques étudiés.

DES AIRES DE RÉPARTITION QUI S’ÉTENDENT ET DES POPULATIONS SOUVENT PLUS ABONDANTES

Les déplacements des poissons ne s’accompagnent pas nécessairement d’une réduction de leur aire de répartition. Au contraire, les scientifiques observent une expansion spatiale pour 61 % des populations étudiées, principalement associée à des déplacements vers des eaux plus profondes.

Par ailleurs, 73 % des populations de poissons étudiées, qui se sont déplacées, présentent une augmentation de leur abondance, quelle que soit la direction du déplacement. Ces résultats ne permettent toutefois pas de conclure à une amélioration générale de l'état des populations de poissons. Ils concernent les populations étudiées, dans des zones géographiques et sur des périodes déterminées. Ces évolutions peuvent notamment être liées à la diminution progressive de la pression de pêche dans certaines zones, mais elles résultent vraisemblablement de paramètres multiples comme la température de l’eau, sa salinité, le taux d’oxygène dissous ou la disponibilité alimentaire.

Ces connaissances soulignent la nécessité de mieux intégrer la profondeur dans les modèles de prévision et d'adapter les stratégies de conservation des écosystèmes marins et de gestion durable des ressources halieutiques aux effets du dérèglement climatique. 

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Projet MAESTRO : Effets du changement climatique sur les communautés marines exploitées

Le projet MAESTRO est financé par France Filière Pêche en partenariat avec le Centre de Synthèse et d’Analyse (Cesab) de la Fondation pour la Recherche et la Biodiversité (FRB).

En tirant parti des données issues de nombreuses campagnes halieutiques menées depuis plusieurs décennies, les principaux objectifs du projet Maestro sont :

  • de caractériser et d’évaluer les effets du climat et de la pêche sur la diversité fonctionnelle des communautés exploitées au cours des 30 dernières années en Atlantique Nord-Est et Méditerranée,
  • de prévoir comment les communautés exploitées réagiront au réchauffement, d’aujourd’hui jusqu’à la fin de ce siècle, et
  • d’identifier des stratégies de pêche alternatives ciblant de nouvelles combinaisons d’espèces en vue de minimiser les impacts sur le fonctionnement général des écosystèmes.

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Lire le communiqué de presse complet en pdf ci-dessus ou sur ifremer.fr

 

Contacts Presse

Lucie Lautrédou : 06 15 73 95 29 / Sacha Capdevielle : 06 07 84 37 97

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